© AFP"Nous avons conscience qu'il s'agit là de la démarche de la dernière chance" déclarait en début de semaine Thierry Moser, l'avocat des parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin. "Depuis quinze ans et le non-lieu de Mme Villemin, les parents de Grégory veulent la pleine et entière vérité", a ajouté l'avocat. Le corps du petit Grégory avait été découvert dans la Vologne, pieds et poings liés, en octobre 1984. L'avocat de la famille Villemin souhaite que la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon, qui se réunit à huis-clos ce mercredi, "mandate un ou plusieurs experts et leur désigne une mission aussi vaste que possible" pour analyser tous les scellés de ce dossier. La décision peut être rendue dans la journée ou mise en délibéré.
Affaire Grégory : la gendarmerie sur les traces de l'ADN mystère
Douze enquêteurs de la gendarmerie ont été chargés d'opérer des comparaisons génétiques visant à élucider le meurtre du petit Grégory.
Publié le 17/11/2009
Le 14 juin 2000, la justice, déjà saisie par les parents, avait une première fois ordonné la réouverture de la procédure, clôturée par des arrêts de non-lieu de la Cour d'appel de Dijon. Le dernier date du 11 avril 2001. La Cour avait alors fait expertiser un demi-timbre apposé sur une enveloppe expédiée en 1983 par le "corbeau". "Cela n'avait rien donné. Mais en huit ans la science a fait des progrès", affirme Me Moser sur la foi du rapport de Pierre Margot, directeur de l'Institut de police scientifique de Lausanne, qu'il a sollicité au printemps 2007. "Aujourd'hui, vu les progrès récents de la science notamment dans le domaine génétique, il est possible de trouver des traces ADN sur ces scellés" constitués en 1984, comme la seringue, les cordelettes, les vêtements, les enveloppes et lettres du corbeau, et le demi-timbre encore apparent.
En juillet dernier, Jean-Marie Beney, procureur général de la Cour d'appel de Dijon a requis une réouverture de l'instruction, suite à l'avis favorable d'un expert agréé par la Cour de cassation. Toutefois, avait souligné le procureur général, les chances d'obtenir de l'ADN exploitable sont "très aléatoires", tout comme celles d'identifier leur éventuel propriétaire.
Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984 pieds et poings liés dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le lendemain du meurtre, les parents avaient reçu une lettre anonyme : "Ton fils est mort. Je me suis vengé". L'affaire, l'une des plus médiatisées de l'après-guerre, a donné lieu à un véritable feuilleton judiciaire. Un temps suspecté de ce crime - après avoir été mis en cause en novembre 1984 par sa belle-soeur, Muriel Bolle -, Bernard Laroche a été inculpé d'assassinat et écroué, avant d'être remis en liberté en février 1985. Il a été tué par Jean-Marie Villemin peu après. En juillet 1985, c'est au tour de la mère de l'enfant, Christine Villemin, d'être mise en cause. Inculpée de l'assassinat de son fils par le juge Lambert, elle a été écrouée puis remise en liberté sous contrôle judiciaire quelques jours plus tard, bénéficiant d'un non-lieu en février 1993.
D'après agences
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