L'Angola ne veut pas du procès

le 06 octobre 2008 à 11h19 , mis à jour le 06 octobre 2008 à 18h58

L'avocat de l'Etat africain a déposé un recours, au nom du "respect du secret défense" d'un pays étranger, pour que le procès de l'Angolagate ne se tienne pas.

palais justice droit tribunal © TF1-LCI

L'Angola ne veut pas du procès qui s'est ouvert en début d'après-midi devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L'affaire concerne un vaste trafic d'armes de guerre présumé illégal, orchestré par les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak entre 1993 et 1998. En tout, 42 personnes doivent répondent devant la justice de leur rôle dans ce "commerce illicite" qui pesait 790 millions de dollars.
 
Le défenseur de l'Etat africain, Me Francis Teitgen, a déposé à l'ouverture de la première audience un recours pour que le procès ne se tienne pas, au nom "du respect du secret défense d'un pays étranger". Dans des conclusions argumentant sa démarche,  l'Angola "relève que les droits attachés à sa qualité d'Etat souverain ont été bafoués depuis le début de cette procédure". Luanda s'oppose ainsi à "la discussion publique dans une enceinte de justice étrangère d'informations et du contenu des instruments de l'exécution de ses prérogatives de puissance publique qui touche ses intérêts d'Etat et de défense nationale".

La demande examinée mardi ou mercredi
  
L'Angola souligne notamment qu'il avait "délégué" Pierre Falcone pour  "superviser l'organisation des modes de financement et des paiements de tous les  biens de première nécessité, y compris les matériels logistiques et militaires pour cet Etat". "La République d'Angola affirme que Monsieur Pierre J. Falcone a agi comme un représentant de son gouvernement, avec tous les pouvoirs requis pour conduire les opérations dont il était chargé et que pour tous les actes qui lui sont  imputés par la procédure, il n'a fait qu'exécuter et se conformer à ses directives", affirme encore Luanda.

Prié à l'audience par la défense de Jean-Christophe Mitterrand d'examiner cette demande, le président Jean-Baptiste Parlos a répondu par une sèche mise au point après l'appel des prévenus, des témoins et des parties civiles. "La République d'Angola n'est pas partie à la procédure. Elle plaidera après les autres parties", a-t-il dit. Me Teitgen devra donc attendre mardi, voire mercredi, avec une chance quasi-nulle de voir sa demande acceptée.
 
                                                                                                                                           (D'après agences)

le 06 octobre 2008 à 11:19
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