L'enseignante poignardée veut être indemnisée

le 24 octobre 2008 à 21h32 , mis à jour le 24 octobre 2008 à 22h34

Karen Montet-Toutain, attaquée en plein cours en décembre 2005 par un de ses élèves, réclame 15.000 euros d'indemnités.

etampes professeur poignardeLa professeure poignardée par un élève en 2005, lors de l'ouverture du procès le 27 février 2008 © TF1/LCI

Karen Montet-Toutain, l'enseignante poignardée en plein cours par un élève le 16 décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'Etampes, demande réparation. Son agresseur a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle le 1er mars dernier, et a fait appel. Quant à la jeune femme, elle est en arrêt maladie depuis le procès en raison des séquelles psychologiques de son agression. Aujourd'hui, elle réclame 15.000 euros d'indemnités. Sa demande a été examinée vendredi par le tribunal administratif de Versailles. Dans ses conclusions, le commissaire du gouvernement, qui dit le droit, est allé dans le sens de la demande de la requérante, qui poursuit le rectorat de Versailles.

Dans les mois qui ont précédé l'agression, l'enseignante avait alerté sa hiérarchie de plusieurs incidents : menaces de mort, de cambriolage, propos à caractère sexuel, de la part d'autres élèves que son agresseur. Quelques jours avant le drame, elle avait adressé un courrier électronique à une inspectrice pédagogique, dans lequel elle indiquait, entre autres, qu'elle ne se sentait "plus en sécurité".

"Une population d'élèves relativement difficiles"

Selon Me Senah, le défenseur de la jeune femme, les alertes de l'enseignante n'avaient obtenu aucune réponse. Et l'avocat estime que la hiérarchie de sa cliente a manqué à ses obligations par "abstention", et que la responsabilité de l'Etat peut être engagée à cet égard.

Le défenseur de Karen Montet-Toutain cite notamment un extrait d'un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale, selon lequel l'établissement accueillait "une population d'élèves relativement difficiles", car "pour freiner la suppression de postes, une politique de recrutement des élèves dont personnes ne voulait a été adoptée". Toutefois, ce rapport, présenté le 17 janvier 2006, dédouanait la chaîne hiérarchique, ce que conteste Me Senah. Il n'a été versé au dossier pénal que pendant le procès devant les assises de l'Essonne. Le tribunal administratif devrait rendre sa décision dans le mois, selon Me Senah.

D'après agence

le 24 octobre 2008 à 21:32
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