Le petit Marc © DRAu premier jour du procès du calvaire du petit Marc, mort après des violences répétées à l'âge de 5 ans, sa maman, jugée comme complice de son compagnon, a été décrite comme une "mère-poule" lundi devant la cour d'assises du Nord à Douai.
Dans le box des accusés avec elle, outre son compagnon, six autres personnes, dont deux médecins comparaissant pour le délit de non-assistance à personne. Accusée de complicité d'actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et aussi de défaut de soins ayant entraîné la mort, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité, comme le principal accusé, David da Costa, 38 ans.
"Je me privais pour mes enfants"
A la barre, Isabelle Gosselin, 35 ans, évoque sa vie d'une voix calme et posée. Fille de commerçants, elle parle d'une enfance "sans problèmes". Mère d'un autre fils de 9 ans et demi, elle dit que ses "enfants étaient tout pour" elle, mais qu'elle a été aveugle "parce qu'amoureuse".
Pendant la lecture de l'acte d'accusation, elle reste courbée, tête basse. Parfois, elle pleure à l'évocation des sévices qu'a endurés Marc. Victime de coups et sévices répétés -plaies jusqu'aux testicules, côtes fracturées, hématomes, brûlures de cigarettes, douches froides-, Marc est mort au domicile parental le 25 janvier 2006 à Auby. Son calvaire a duré plusieurs semaines à partir de décembre 2005, sans que jamais personne de sa famille ou de ses proches ne donne l'alerte.
"Il suffisait qu'une seule de ces sept personnes intervienne"
Alors que le président de la cour d'assises lui demande si elle reconnaît les faits, la mère acquiesce pour la complicité de torture et barbarie. Mais elle conteste le défaut de soins. Elle affirme qu'elle a "toujours soigné son enfant lorsqu'il était blessé". "Je me privais pour mes enfant, mais quand j'ai rencontré David (da Costa), ça a été le coup de foudre", raconte-t-elle à la cour. Une enquêtrice a dit à la barre que "tout ceux qui avaient fréquenté autrefois Isabelle la décrivent comme une mère poule". Son ex-mari, divorcé en 2002, la décrit également comme "une bonne mère pour ses enfants". Quand le couple a divorcé, Marc avait un an. "Ce qui met à mal l'explication d'automutilation parce qu'il n'acceptait pas la séparation des parents", avancée par sa mère et son compagnon pour justifier les traces de coups, remarque le président de la cour.
Tour à tour également interrogés, les grands-parents de l'enfant et des proches du couple n'ont pas reconnu les délits de non-assistance à personne en danger et de non-dénonciation de crime, pour lesquels ils comparaissent. Les deux médecins généralistes, qui avaient vu l'enfant peu de temps avant sa mort ont aussi nié leur responsabilité. Tous avaient remarqué des traces de coups mais ils ont cru la mère et le beau-père qui parlaient d'automutilation.
"Il suffisait qu'une seule de ces sept personnes intervienne, et le petit Marc serait encore là aujourd'hui", a déclaré hors audience l'avocat du grand frère de Marc, partie civile. Mardi, la cour examinera notamment la personnalité du principal accusé David da Costa. Le verdict doit être rendu le 7 novembre.
(D'après agence
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