Le pilote qui a frôlé l'avion de Fillon devant le juge

le 15 octobre 2008 à 06h00 , mis à jour le 15 octobre 2008 à 09h13

Le pilote d'un Cessna, qui a failli percuter fin septembre l'avion transportant François Fillon, comparaît cet après-midi devant le tribunal de Versailles.

avion falcon 900 françois fillonLe Falcon 900 de François Fillon © TF1/LCI

"S'il y a eu une erreur de ma part, j'assumerai". Xavier Thiry, 37 ans, comparaît ce mercredi en citation directe devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Versailles pour "mise en danger de la vie d'autrui" en ne respectant par les règles de l'aviation civile et "survol d'une zone interdite". Le 28 septembre dernier, il pilotait un avion de tourisme lorsqu'il a failli percuter l'avion transportant le Premier ministre François Fillon. A l'issue de sa garde à vue, le pilote du Cessna avait été remis en liberté. Le parquet de Versailles avait requis son placement sous contrôle judiciaire et la suspension de sa licence de vol.
   
Pour éviter un monomoteur Cessna 172 civil, le Falcon 900 militaire de François Fillon avait dû augmenter la poussée de ses réacteurs avant d'atterrir à Villacoublay (Yvelines), où sont basés les aéronefs ministériels. Le triréacteur, qui avait décollé d'Angers avec huit passagers à bord, se trouvait alors en approche finale. Le Cessna 172, qui était "égaré", selon son pilote, ne semble pas avoir respecté l'altitude imposée (1.500 pieds, soit environ 500 m) et aurait traversé un espace interdit. Il s'est posé après l'incident à Pontoise, dans le même département. "Je ne me suis aperçu de rien", avait déclaré Xavier Thiry au journal Le Parisien quelques jours après l'incident.

Renvoi du procès ?

Selon Le Figaro, l'avion de François Fillon volait lui "trop vite". Les radars l'ont contrôlé à 350 nœuds (650 km/h) alors que la vitesse maximale est de 250 nœuds sous les 3300 mètres d'altitude dans l'espace aérien inférieur (où de nombreux avions circulent), explique le journal. Cette vitesse réduite permet, écrit Le Figaro, de limiter les risques d'impact avec les oiseaux et de limiter les risques de collisions. Matignon conteste la version qu du quotidien : "Une allure de 350 nœuds en phase de descente est techniquement impossible. La vitesse du Falcon au moment du croisement des deux appareils était bien inférieure", assure le cabinet du Premier ministre dans Le Figaro.

Mardi soir, l'avocat du pilote du Cessna a indiqué qu'il demanderait le renvoi du procès. Il estime en effet ne pas "avoir eu un accès complet au dossier" et notamment à certaines "pièces sous scellés comme la trajectographie ou la conversation entre le pilote du Falcon 900 et la tour de contrôle".

le 15 octobre 2008 à 06:00
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