© LCIIls ne l'auront pas laissé courir longtemps. Mercredi matin, Jorge Montes, le violeur présumé libéré par erreur par la Justice, a été arrêté à Paris dans le cadre d'une autre affaire pour "violence volontaire", a appris LCI mercredi matin auprès de la Chancellerie. Rachida Dati s'en est félicitée. "C'est quelqu'un qui a un passé pénal lourd, chargé, dangereux. Donc il est important que nous l'ayons sous mains de justice. C'est pour ça que j'ai félicité les magistrats et les enquêteurs ce matin", a dit la ministre de la Justice. Et la Garde des sceaux d'ajouter : "Je l'ai toujours dit, ma mission consiste en la protection des Français et donc je me réjouis que Jorge Montes soit en garde à vue, en attendant le jugement de vendredi".
Depuis sa sortie, Jorge Montes était soumis à un contrôle judiciaire très strict lui interdisant notamment de circuler. Il a été arrêté boulevard Raspail à Paris, où il résidait, par les policiers de la BRI (brigade de recherche et d'intervention), une unité anti-gang spécialisée dans les interventions délicates, selon une source policière. Il a été placé en garde à vue à la 1ère division de police judiciaire (DPJ).
Erreur d'écriture examinée vendredi
Son arrestation intervient dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte à la suite d'une plainte déposée au printemps par un homme disant avoir été agressé à son domicile par un individu muni d'un couteau, qui ne l'avait toutefois pas blessé. Les indications fournies par la victime n'avaient alors pas permis aux policiers d'identifier l'auteur présumé de l'agression. Jusqu'à ce que cette victime, voyant les images de la libération de Jorge Montes, reconnaisse son agresseur et se manifeste auprès de la police, a rapporté une source judiciaire.
L'homme avait été remis en liberté à la faveur d'une erreur d'écriture de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui avait "infirmé" au lieu de confirmer son maintien en détention provisoire dans un arrêt du 17 octobre. Preuve qu'il s'agissait d'une erreur d'écriture, la cour considérait par ailleurs que le maintien en prison était "l'unique moyen d'éviter tout renouvellement des infractions" et "nécessaire pour prévenir tout risque de pression sur les témoins et les victimes". Le parquet de Créteil avait lui-même requis le renvoi aux assises pour enlèvement, séquestration et viols sur deux personnes.
Nicolas Sarkozy, en personne, s'était emparé du dossier et avait asséné n'avoir pas "l'intention qu'on laisse libérer un violeur récidiviste simplement parce que quelqu'un a fait une erreur matérielle". Une requête en rectification avait été déposée dans la foulée par le parquet général "en exécution des instructions reçues" de la garde des Sceaux. Elle doit être examinée le 31 octobre par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, a-t-on appris samedi de source judiciaire. La ministre de la Justice, Rachida Dati, a "félicité les enquêteurs et magistrats" pour cette arrestation.
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