Image d'archives © TF1-LCI"On se sent seuls", "elle n'est pas derrière nous" : les magistrats réunis à Clermont-Ferrand au congrès national de l'Union syndicale des magistrats (USM) ont reproché vendredi à la garde des Sceaux son absence. "L'absence de Rachida Dati est perçue comme un geste de mépris ou une fuite", a estimé Bruno Thouzellier, président sortant de l'USM, soulignant que c'est la première fois que ce syndicat, représentant les deux-tiers de la profession, tient son congrès, vendredi et samedi, en l'absence du Garde des Sceaux. Cette dernière avait indiqué jeudi soir que, "en raison d'un agenda particulièrement chargé", elle ne pourrait rencontrer les magistrats de l'USM, qui l'avaient chahutée l'an dernier. "C'est de la lâcheté. Elle ne voulait pas être confrontée à la réalité, à des questions qui auraient égratigné son image", renchérit le secrétaire national de l'USM, Christophe Régnard, juge d'instruction à Nanterre et seul candidat déclaré à la présidence du syndicat.
Entre eux, le secrétaire général de la Chancellerie, Gilbert Azibert, a pris place sur la chaise prévue pour Rachida Dati. "Il n'y a jamais eu de mépris ni de manque de confiance", répond Gilbert Azibert,, assurant qu'il se ferait "l'interprète du malaise des magistrats auprès de la ministre". Au-delà du "mépris", la plupart des magistrats reprochent au ministre le manque de vue d'ensemble et une politique de réaction "au coup par coup", "incohérente". "Il y a d'abord eu la loi sur les peines plancher, qui, comme nous l'avions prédit, a rempli les prisons, et aujourd'hui (il y a) un projet de loi pénitentiaire dont le but et de les vider", relève la vice présidente d'un tribunal de grande instance.
"Indécence", "incohérence" de la garde des Sceaux
Un peu plus tôt dans la journée, c'était l'autre syndicat de magistrats, le syndicat de la magistrature, qui s'était insurgé contre "l'indécence de la garde des Sceaux". Il reproche à Rachida Dati d'avoir qualifié "d'injuste" la décision du tribunal de Sarreguemines (Moselle) d'incarcérer début octobre un mineur, qui s'est suicidé lundi à la prison de Metz-Queuleu. Le SM ajoute qu'elle "réagit comme si elle n'avait aucune responsabilité dans l'augmentation du nombre de mineurs incarcérés, tout en faisant des magistrats des boucs émissaires". "Dès son arrivée au ministère de la Justice, Rachida Dati a considérablement aggravé la répression à l'égard des mineurs, faisant de l'emprisonnement et de son exécution immédiate la seule réponse envisageable" écrit le syndicat (gauche).
Le syndicat ajoute que le procureur de la République de Sarreguemines et un substitut ont "été convoqués le 8 octobre et entendus à la demande de la garde des Sceaux par l'inspection des services judiciaires de 22h00 à 01h00" et que ces auditions se sont "déroulées sans aucune garantie au regard du droit de la défense et du principe du contradictoire". Cette "instrumentalisation du pouvoir disciplinaire par la ministre pour déstabiliser la justice est devenue systématique", ajoute le SM. Autant dire qu'entre les magistrats et la ministre, les tensions ne sont pas prêtes de s'apaiser.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





