Les responsables de la mort du petit Sid-Ahmed aux assises

le 17 octobre 2008 à 06h00 , mis à jour le 16 octobre 2008 à 18h28

Trois jeunes impliqués dans une fusillade au cours de laquelle l'enfant de 11 ans fut tué par une balle perdue en juin 2005 à la Courneuve comparaissent aux assises de Bobigny.

la courneuve enfant tué

Le 19 juin 2005, jour de la fête des pères, Sid-Ahmed lave la voiture de son père au pied de son immeuble de la cité des 4000, à la Courneuve, lorsque des voisins, d'origines tunisienne et comorienne, se retrouvent pour en découdre à quelques mètres. L'enfant s'écroule, atteint au-dessus du coeur par une balle de revolver destinée à Salah Ben Faiza. Mhamoudou Mhadjou, le tireur présumé arrêté après quelques jours de cavale, âgé aujourd'hui de 26 ans, comparaît pour "meurtre d'un mineur de 15 ans", en vertu d'une jurisprudence qui permet de retenir l'intention de tuer même si la victime n'a pas été directement visée. Salah, 22 ans, qui a répliqué une fois avec un pistolet semi-automatique, et son frère Mohamed, 27 ans, sont respectivement jugés pour "tentative d'assassinat" et "complicité de tentative d'assassinat" sur leur voisin Mhamoudou.

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Celui-ci affirme que son tir était "un tir de semonce", non dirigé vers les Ben Faiza, ce qui est contredit tant par la reconstitution que l'expertise balistique. L'un de ses frères, mis en examen pour "tentative de meurtre", a obtenu un non-lieu. L'instruction a confirmé que le garçonnet d'origine kabyle a été la victime innocente d'une bagarre entre deux fratries sur fond d'histoire d'amour impossible entre une Beur et un Noir, et peut-être de trafic de cannabis. Les trois accusés encourent la réclusion à perpétuité. Le verdict est attendu le 31 octobre.
 
"Nettoyer au Kärcher"

 
Après ce drame, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait promis de "nettoyer" au "kärcher" cette cité sensible, symbole depuis vingt-cinq ans des banlieues ghetto et lieu de trafics en tous genres, déclenchant une vive polémique.
 
Douze ans plus tôt aux 4000, un enfant de 9 ans avait été tué par balles par un voisin qui n'arrivait pas à dormir. François Mitterrand avait alors demandé que l'on réhabilite prioritairement cette cité et les grands ensembles en  général. Pour le maire de la Courneuve Gilles Poux (PCF), les deux drames ont été suivis du même "florilège de clichés et de stigmatisations" et de "promesses" et  on "a refermé les portes des grandes annonces, une fois les caméras parties", écrit-il dans un communiqué. La barre Balzac, dont le relogement des habitants est en cours, est toujours debout. Sa destruction a été repoussée à 2011.

le 17 octobre 2008 à 06:00
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