Mort d'Ajimi : le procureur évoque l'imprudence des policiers

le 08 octobre 2008 à 16h27 , mis à jour le 08 octobre 2008 à 22h31

Il y a peut-être eu "imprudence" de la part des policiers, a déclaré le procureur de Grasse mercredi dans l'affaire Abdelhakim Ajimi, ce jeune tunisien mort lors de son transfert au commissariat en mai dernier.

Grasse rixe Abdelakim Ajiimi La rixe a éclaté alors que le jeune homme s'était vu refuser de l'argent à la banque © TF1

"On a l'impression qu'il y a peut-être eu de la part des gardiens de la paix une mauvaise prise en compte des règles qu'ils appliquent normalement pour maîtriser les gens quand ils se rebellent". "La durée de la maîtrise a peut-être aussi été  trop longue", a déclaré mercredi Jean-Louis Moreau, procureur adjoint de la République de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, s'appuyant sur les résultats des analyses anatomo-pathologiques récemment communiqués aux juges d'instruction. "Ceci correspondrait à une imprudence, je parle au conditionnel. C'est aux  juges de décider d'une éventuelle mise en examen des policiers en cause pour homicide involontaire", a-t-il poursuivi. Abdelhakim Ajimi, 22 ans, était mort le 9 mai lors de son transfert au commissariat de Grasse après une rixe qui avait éclaté lorsqu'il s'était vu refuser de l'argent dans une agence du Crédit Agricole.
 
Le père de ce jeune Tunisien a réclamé mercredi des sanctions contre les policiers qui ont procédé à l'interpellation. "Ils sont toujours en service, comme s'ils n'avaient rien fait, même pas suspendus, même pas envoyés dans une autre ville, ça nous fait très mal", a déclaré le père de la victime, Boubaker Ajimi, au cours d'une conférence de presse à Paris organisée par le mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples (MRAP) et par la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), qui ont lancé une pétition "justice et vérité pour Hakim Ajimi".

"C'est un meurtre" 

Les policiers "lui ont mis les menottes aux mains et aux pieds, et ils ont maintenu leur clé d'étranglement (technique d'immobilisation) pendant 15 à 20 minutes, on étrangle pas quelqu'un qui est menottée, ils ont utilisé leur force trop longtemps", a déclaré M. Ajimi. "C'est un meurtre, il y avait un policier blessé dans la bagarre, ils ont voulu se venger" a-t-il ajouté.
 
Le président du MRAP, Mouloud Aounit, a dénoncé "les conclusions hâtives" du préfet des Alpes Maritimes qui a annoncé, à la vue des premiers éléments, qu'il  "n'y avait pas de bavure, et a mis en avant des arguments qui n'avaient rien à voir avec l'affaire". S'il n'y a pas de décision judiciaire dans les 15 jours, "un rassemblement  sera organisé devant le palais de justice de Grasse", a-t-il dit, alors que l'information judiciaire est toujours en cours, n'ayant donné lieu à ce jour à aucune mise en examen. Par ailleurs, Mouloud Aounit, qui a qualifié "d'irresponsable" les propos du procureur, va  demander à être reçu par la ministre de la Justice, Rachida Dati.

le 08 octobre 2008 à 16:27
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