Prof accusé d'avoir fait frapper un élève : du sursis requis

le 27 octobre 2008 à 22h52 , mis à jour le 27 octobre 2008 à 22h56

Devant le tribunal de Pontoise, l'enseignant a reconnu avoir donné l'autorisation à certains de ses élèves d'en frapper un autre.

Ecole education primaire élève tableau classe leçon © TF1

Neuf mois de prison avec sursis et trois ans  d'interdiction d'enseigner ont été requis lundi par le procureur du tribunal  correctionnel de Pontoise contre un enseignant qui a reconnu, à l'audience,  avoir donné l'autorisation à certains de ses élèves d'en frapper un autre.
 
Le professeur de français est accusé d'avoir retenu, en le ceinturant,  Romain, un élève turbulent de sa classe de 3ème, pendant que d'autres élèves le  frappaient. La scène se serait reproduite "à plusieurs reprises" en l'espace de  quelques semaines, entre septembre et novembre 2007, selon les témoins. Le professeur âgé de 57 ans comparaissait pour "complicité de violences et  non empêchement d'un délit d'atteinte à l'intégrité corporelle". Le jugement a été mis en délibéré au 8 décembre.
 
"C'était un jeu, c'était pas méchant"
 
L'enseignant a reconnu avoir donné l'autorisation de frapper la victime mais  a nié l'avoir ceinturé pour l'empêcher de se défendre. "C'est le gamin le plus difficile que j'ai eu dans ma carrière. Il est très  insolent, il se levait en cours. Alors qu'il y avait du chahut, un élève m'a  demandé s'il pouvait le frapper. J'ai dit oui mais je n'avais pas l'intention  qu'il y ait un préjudice", a-t-il expliqué à l'audience. "Les élèves sont allés le voir, c'était un jeu, c'était pas méchant, je me  suis tout de suite interposé. Je l'ai tenu pour qu'il se rasseye", a-t-il  ajouté. Il a affirmé que cette scène n'avait eu lieu qu'une fois. "Une autre fois des élèves m'ont demandé s'ils pouvaient le frapper. J'ai  dit non et il n'y a rien eu", a-t-il précisé.
 
L'élève âgé de 15 ans au moment des faits n'était pas présent à l'audience.  La présidente du tribunal, a lu la déposition qu'il a  livrée aux policiers pendant l'enquête. "Un jour, quelqu'un a demandé au professeur s'il pouvait me donner un coup  de tête. Il a dit oui. L'élève s'est levé et il m'a mis un coup de tête sur le  haut du crâne. Une autre fois, j'ai rigolé pendant le cours et des élèves ont  demandé s'ils pouvaient me frapper. J'ai couru et le prof m'a ceinturé. Une  troisième fois, il a spontanément dit à la classe qu'ils pouvaient me frapper",  a déclaré Romain aux enquêteurs.
 
La théorie du complot
 
"C'est faux, je suis effaré", a rétorqué le professeur. Face aux témoignages  concordants des élèves de la classe, lus par la présidente du tribunal, le  prévenu a dénoncé un complot. "Il y a une concertation pour m'enfoncer. Cette  affaire a mis six mois à se déclencher. On a eu le temps de dicter (aux élèves)  ce qu'ils devaient dire", a-t-il affirmé.
 
Le procureur a requis une peine de 9 mois de prison avec  sursis et l'interdiction pendant 3 ans d'exercer une activité professionnelle ou  bénévole impliquant un contact avec des mineurs. Il a regretté que le prévenu  n'ait pas eu la "conscience de s'expliquer". L'avocat de Romain a indiqué que l'adolescent "pardonnait" au  professeur ce qu'il avait fait. L'avocat de la défense a plaidé la relaxe de son client.  "Il reconnaît qu'il a eu un comportement inapproprié mais il n'a jamais eu  l'intention d'être auteur ou complice de violences dirigées à l'encontre de son  élève", a-t-il affirmé. Il a demandé au tribunal de ne pas retenir  l'interdiction d'exercer la profession d'enseignant "ce qui serait une mort  sociale".
 

(D'après agence)

le 27 octobre 2008 à 22:52
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jean Louis, le 28/10/2008 à 06h53

    Non, si celà est avéré, la porte.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience