© TF1-LCIL'affaire des ventes d'armes présumées à l'Angola, dit Angolagate, est arrivé ce lundi devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Elle concerne 42 prévenus, dont l'ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali, Paul-Loup Sulitzer, Jean-Charles Marchiani. Tous sont soupconnés d'avoir touché de l'argent de Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak. Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, hommes d'affaires, sont les maîtres d'œuvre de l'opération comprenant plusieurs contrats de vente d'armes au régime angolais du président Eduardo Dos Santos entre 1993 et 2000.
Entre ces deux dates, des armes en provenance d'Europe de l'Est auraient été vendues, sans autorisation des autorités françaises, pour 790 millions de dollars. Des chars, des hélicoptères, des munitions et six navires de guerre auraient été vendus au régime du président Eduardo Dos Santos, alors en guerre contre l'Unita de Jonas Savimbi, mort en 2002. La guerre civile angolaise (1975-2002), qui a fait plus de 500.000 morts, s'est achevée après la mort de Jonas Savimbi dans une embuscade.
LES ACTEURS
Pierre Falcone, homme d'affaires est le personnage central du dossier. Directeur de Brenco International, société soupçonnée d'avoir versé, à l'occasion des ventes d'armes entre 1993 et 2000, plusieurs centaines de milliers d'euros notamment à des dirigeants angolais comme à des Français influents.
Arcadi Gaydamak, industriel né en Russie, de nationalités israélienne, française, angolaise et canadienne, soupçonné d'avoir participé à l'opération en tant que partenaire de Pierre Falcone.
Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné de François Mitterrand, mis en examen, soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin pour un total de 2.6 millions de FF entre 1997 et 1999.
Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur. L'Association France-Afrique Orient (AFAO), dont il était le vice-président, aurait reçu de Pierre Falcone 1.5 millions de FF (230.000 euros). A titre personnel, il aurait perçu 450.000 dollars.
Jean-Charles Marchiani, préfet, ex-conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur, soupçonné d'avoir apporté son aide à Pierre Falcone dans le montage de son commerce en échange d'importantes sommes d'argent.
Paul-Loup Sulitzer, écrivain, mis en examen pour « recel d'abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, trafic d'influence », soupçonné d'avoir reçu 380.000 euros de Pierre Falcone notamment pour des « conseils en image ».
Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, soupçonné d'avoir usé de son influence auprès d'Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, moyennant 160.000 dollars, pour résoudre les ennuis fiscaux de Pierre Falcone.
Georges Fenech, ancien député UMP et magistrat, mis en examen car son association (APM, Association professionnelle des magistrats), aurait perçu 15.200 euros en 1997, sous la forme de 25 abonnements de soutien de la part de Brenco.
Du côté angolais, les noms de plusieurs personnalités - non poursuivies - sont apparus dans le dossier : le président Eduardo Dos Santos, qui cherchait à acquérir de l'armement au début des années 1990, le ministre de l'Industrie Joaquim David, l'ambassadeur d'Angola à Paris Eliseo Figueiredo, qui aurait organisé des rendez-vous avec Pierre Falcone.
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