Jean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe © TF1-LCIFin de la semi-liberté pour Jean-Marc Rouillan. Après une interview accordée début octobre à L'Express, dans laquelle le cofondateur d'Action directe laissait entendre qu'il ne regrettait pas l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse en 1986, le Tribunal d'application des peines a décidé jeudi de révoquer son régime de semi-liberté. Les trois juges "ont estimé sans motivation qu'il y avait lieu à révoquer la semi-liberté", a déclaré l'avocat de Jean-Marc Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, qui a ajouté que son client comptait faire appel. La LCR s'est indignée de cet "acharnement judiciaire", estimant qu'après avoir "accompli sa peine, Rouillan a utilisé son droit de citoyen pour s'exprimer dans L'Express. Pour pouvoir le réincarcérer, le juge a dû se livrer à un exercice d'interprétation".
Des tracts signés Action directe envoyés à 16 commissariats
Seize commissariats et postes de police des Hauts-de-Seine ont reçu depuis vendredi des tracts signés Action Directe, annonçant la réactivation de ce groupuscule armé d'extrême gauche.
Publié le 01/03/2011
Condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, pour les assassinats du PDG de Renault et de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985, Jean-Marc Rouillan, 55 ans, avait pu bénéficier d'un régime de semi-liberté en décembre 2007 après 20 ans en prison. Dans ce cadre, il travaillait pour l'éditeur marseillais Agone la journée mais passait ses nuits et fins de semaine à la prison des Baumettes. Cette semi-liberté avait été suspendue le 2 octobre par le juge d'application des peines au lendemain de la diffusion de l'interview à L'Express, en attendant l'audience sur le fond qui s'est tenue jeudi à la prison des Baumettes.
"Ça ne constitue pas une violation"
Interrogé pour savoir s'il regrettait les actes d'Action directe et notamment l'assassinat de Georges Besse, Jean-Marc Rouillan répondait à L'Express : "je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique". Pour le parquet de Paris, le cofondateur d'Action directe a "enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s'abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné". Il réclamait donc l'incarcération à temps plein de Jean-Marc Rouillan.
Pour l'avocat de ce dernier, Me Jean-Louis Chalanset, son client a simplement dit que "s'il s'était repenti, il aurait le droit de parler, ça ne constitue pas une violation" de l'obligation de ne pas évoquer les faits. "Le parquet qui a toujours été opposé à la semi-liberté, s'est saisi de ce prétexte pour que la libération conditionnelle prévue en décembre ne puisse avoir lieu", avait-il dit début octobre.
(D'après agence)
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