Sarkozy renonce à extrader Petrella

le 12 octobre 2008 à 07h51 , mis à jour le 12 octobre 2008 à 22h04

"Cette mesure individuelle n'atténue en rien l'engagement de la France en matière de lutte contre le terrorisme", explique l'Elysée.

Marina PetrellaMarina Petrella a été libéré mardi 5 août 2008 © TF1-LCI

Le président Nicolas Sarkozy a renoncé à faire appliquer le décret autorisant l'extradition de l'ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella. Un décret du gouvernement français, en date du 3 juin dernier, autorisait l'extradition de Marina Petrella vers l'Italie, où elle a été condamnée en 1992 à  la perpétuité pour complicité dans le meurtre d'un commissaire à Rome en 1981.

"Malgré les soins attentifs dont bénéficie Mme Petrella, son état de santé ne s'est pas amélioré. Les médecins qui l'ont  examinée ont conclu que la dépression profonde dont elle souffre est susceptible  de mettre en cause son pronostic vital. "C'est pourquoi le président de la République a demandé au Premier ministre  de faire application de la clause humanitaire de la convention d'extradition de 1957 et de rétracter le décret d'extradition la concernant", a-t-on précisé à  l'Elysée. "Cette mesure individuelle a été prise en considération de la seule  situation de santé de Mme Petrella. Elle n'atténue en rien l'engagement de la  France en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que sa coopération avec  les autres démocraties dans ce domaine", a-t-on ajouté.

Nourrie par sonde

De son côté, l'avocate de Marina Petrella a estimé que l'Etat français a "compris qu'on ne pouvait pas donner suite à cette extradition". Elle s'est félicitée d'une décision "humaine, nécessaire et légitime". La décision "a été notifiée samedi à Marina Petrella à l'hôpital", a-t-elle ajouté. Pour son mari, "le cauchemar s'arrête". Il ajoute : "Je remercie les autorités d'avoir compris la  situation de ma femme".

Ancienne dirigeante de la "colonne romaine" des Brigades rouges, réfugiée en France depuis 1993, Marina Petrella a été arrêtée en août 2007 dans le Val-d'Oise  où elle travaillait comme assistante sociale. Son état physique et mental n'a cessé de se détériorer depuis un an et l'ancienne brigadiste est restée incarcérée jusqu'à ce que la cour d'appel de Versailles autorise début août sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, afin de lui permettre de recevoir des soins sans être détenue. Elle est hospitalisée à l'hôpital parisien Sainte-Anne où elle est nourrie  par sonde permettant "sa survie avec une alimentation minimum", selon la Ligue  des Droits de l'Homme.

Carla Bruni et sa soeur ont annoncé la nouvelle à Marina Petrella

Ce sont Carla Bruni-Sarkozy et sa soeur, la comédienne Valeria Bruni-Tedeschi, qui ont annoncé mercredi à l'ancienne brigadiste qu'elle ne serait pas extradée vers l'Italie, selon une source proche du dossier confirmant une information du site de Libération. L'épouse du chef de l'Etat et sa soeur "sont allées la voir et lui ont dit", selon cette source. "On ne pouvait pas laisser cette femme mourir. La situation était devenue intolérable", a confié Carla Bruni-Sarkozy au site, se disant "contente" d'une décision officialisée dimanche. "On a apprécié l'engagement humain de Valeria Bruni-Tedeschi et de sa soeur Carla Bruni-Sarkozy", a réagi de son côté Oreste Scalzone, membre du comité de soutien à Marina Petrella, à l'annonce de cette rencontre.

Les familles de victimes juge la décision "inacceptable"

La principale association italienne des victimes  du terrorisme a "regretté" la décision de Paris de ne pas extrader  l'ex-terroriste Marina Petrella, tandis que des proches des victimes l'ont jugée  "inacceptable" et condamnée. "Les victimes sont contre la vendetta mais nous sommes respectueux de la justice. Il y a eu condamnation et elle doit être exécutée. Que penserait les  Français dans une situation inverse ?", a déclaré le président de l'association Aiviter, Roberto Della Rocca. "Marina Petrella "peut très bien être soignée dans des structures italiennes", a-t-il ajouté. Il a "regretté" que les autorités françaises "ne respectent pas les conventions internationales", ajoutant qu'à sa connaissance "la prescription de l'homicide n'existe pas".

D'après agence

le 12 octobre 2008 à 07:51
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