Rolland Courbis lors du procès en appel des transferts suspects à l'OM © TF1/LCIDix ans après l'affaire des transferts illicites de l'OM, la Cour de cassation a définitivement clôturé le dossier, mercredi, en confirmant les condamnations de l'ancien entraîneur Rolland Courbis, à deux ans de prison ferme, et de l'ancien actionnaire Robert Louis-Dreyfus à dix mois avec sursis. Théoriquement, cette décision signifie que l'actuel entraîneur du club de Montpellier (L2) n'a désormais plus d'échappatoire pour purger sa peine de prison ferme. Il revient dorénavant au parquet général d'Aix-en-Provence de faire exécuter cette décision.
Décrié ou loué pour son franc-parler, le quinquagénaire s'est prévalu à plusieurs reprises de 98 jours de détention provisoire dans une autre affaire à l'automne 1990 pour affirmer qu'il pourrait négocier un aménagement de sa peine de prison, théoriquement envisageable uniquement jusqu'à un an ferme. Cette condamnation n'est pas la première du Marseillais, déjà condamné en 1995 et 1997 à de la prison avec sursis pour fausses factures et fraude fiscale dans l'affaire de la comptabilité occulte du SC Toulon, dont il était l'entraîneur à la fin des années 80. Bien que dépourvu de diplôme d'entraîneur, Rolland Courbis a écumé les terrains, de Toulon à Ajaccio, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Lens, en passant par deux piges aux Emirats arabes unis (Al-Wedha) et en Russie (Vladikavlaz).
Le 9 juin 2006, le tribunal correctionnel de Marseille l'avait jugé coupable d'avoir bénéficié de compléments de rémunération occultes à l'occasion de quinze transferts de joueurs à l'Olympique de Marseille entre 1997 et 1999. Il avait alors été condamné à trois ans et demi de prison ferme, 375.000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer une activité dans le milieu du football.
RLD libre d'exercer
Egalement condamné pour abus de biens sociaux, le principal actionnaire de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, avait écopé de 3 ans avec sursis et 375.000 euros d'amende. Le 17 octobre 2007, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait revu ces peines à la baisse, condamnant l'ancien dirigeant d'Adidas à dix mois avec sursis et 200.000 euros d'amende et l'actuel entraîneur de Montpellier à deux ans ferme et 200.000 euros d'amende. Ce dernier avait alors échappé à ce qui constituait le pire à ses yeux : l'interdiction d'exercer.
Les deux hommes avaient formé un pourvoi en cassation, tout comme l'agent de joueurs Gilbert Sau (condamné en appel à 18 mois ferme), son complice Bernard Almeras (6 mois) et l'ex-agent et actuel vice-président du Standard de Liège Lucio d'Onofrio (6 mois). Mercredi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a suivi l'avis du ministère public et rejeté l'ensemble de ces pourvois, rendant définitives les condamnations prononcées en octobre 2007 et clôturant cette affaire dans laquelle avaient été brassés quelque 22 millions d'euros de fonds frauduleux. Selon les magistrats de la Cour de cassation, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a bien "justifié sa décision" et les moyens soulevés en défense "ne sauraient être admis".
D'après agence
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