Le petit Marc © DRAu deuxième jour du procès du meurtre du petit Marc, 5 ans, mort sous les coups de son beau-père, a été abordée la question de la responsabilité des médecins qui suivaient l'enfant. Un certificat, montré mardi à la cour d'assises du Nord, disait :"Nous vous adressons le jeune Marc avec hématomes multiples et manipulations multiples. A noter que je connais la mère et que tout geste malveillant de la part des parents semble à exclure", cette dernière phrase étant soulignée deux fois. "Le doute légitime ne doit-il pas s'installer quand on reçoit un enfant qui porte des traces de coup et dont on dit qu'il s'automutile", s'est interrogé l'avocat général Luc Frémiot, alors qu'un médecin pédiatre était appelé à la barre pour témoigner de la difficulté du diagnostic de maltraitance.
Entendu par la cour, un médecin urgentiste d'expérience qui a découvert le corps sans vie de l'enfant couvert d'echymoses, dans le lit du beau-père et de la mère, a déclaré n'avoir "jamais vu autant de coups sur un corps". Un pompier venu avec le médecin ajoutera avoir été "obligé d'aller voir un psy" après. Selon l'urgentiste, Valery Lecoeur, la maman lui a alors dit "que l'enfant avait des problèmes de comportement, qu'il se mettait des couteaux dans la bouche, qu'il se jetait des escaliers".
"Je mérite la peine de mort"
Victime de coups et sévices répétés -plaies jusqu'aux testicules, côtes fracturées, hématomes, brûlures de cigarettes, douches froides -, Marc est mort à 5 ans au domicile parental le 25 janvier 2006 à Auby, dans le Nord. Son calvaire a duré à partir de décembre 2005, sans que jamais personne ne donne l'alerte. David da Costa, son beau-père comparaît pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Interrogé ce matin sur son enfance par le président de la cour d'assises du Nord, il a vivement pris le micro pour dire : "J'en ai rien a foutre de mon enfance. J'ai tué un enfant, je mérite la peine de mort. C'est tout !". A l'instruction, le compagnon de la mère de l'enfant, accusée de complicité, n'avait reconnu que quelques gifles et fessées et expliqué, comme la mère, que l'enfant s'automutilait. "Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, quelles explications voulez-vous ? J'étais camé, défoncé tous les jours", a-t-il poursuivi. "Ca fait huit jours seulement, avec les avocats, que j'ai réussi à comprendre que c'était peut-être moi", a-t-il ajouté.
La mère de Marc est elle jugée pour complicité et le couple est poursuivi également pour défaut de soins ayant entraîné la mort. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. A leurs côtés comparaissent sept autres personnes, dont les grands-parents de l'enfant et deux médecins, pour le délit de non-assistance à personne en danger. Le procès doit se tenir jusqu'au 7 novembre.
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