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Garde à vue prolongée pour le trader de la Caisse d'épargne

Edité par
le 29 octobre 2008 à 11h40
Temps de lecture
3min
Caisse d'Epargne

Crédits : DR

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JusticeIl est soupçonné d'être à l'origine de la perte de 751 millions d'euros subis par la banque entre la mi-septembre et la mi-octobre, a-t-on appris de source judiciaire.

Qui a fait perdre 751 millions d'euros à la Caisse d'épargne en plein Krach boursier ? Un trader de la banque a été placé en garde à vue ce mercredi à la Brigade financière à Paris , a-t-on appris auprès du parquet de Paris. Selon nos informations, il s'agirait d'un homme d'une trentaine d'années. Il s'est rendu à la Brigade financière, sur convocation, en milieu de matinée. Sn interrogatoire se poursuivra jeudi dans le cadre d'une prolongation de garde à vue de 24 heures, a annoncé dans la soirée le parquet de Paris en précisant que l'homme "s'expliquait sur les faits".

Le parquet avait ouvert une enquête préliminaire vendredi dernier par après que la banque a porté plainte contre X pour "abus de confiance". L'enquête "vise à déterminer le mécanisme qui a conduit à cette perte et à rechercher d'éventuelles responsabilités pénales".

Les policiers ont entamé lundi leurs investigations en se rendant au siège de la Caisse d'Epargne pour y récupérer des documents, a-t-on précisé de même source. "A l'issue des premières investigations menées par les services de  l'inspection et de la déontologie de la CNCE, il est apparu des éléments troublants" concernant les conditions de réalisation des opérations ayant mené à la perte, a expliqué la Caisse d'Epargne. Ces éléments peuvent "revêtir à l'évidence une qualification pénale, entre autre d'abus de confiance", a-t-elle ajouté en précisant qu'elle se constituerait partie civile "dès qu'une information judiciaire sera ouverte".
  
De "graves lacunes dans le système de contrôle"

La Caisse d'Epargne avait annoncé le 17 octobre des pertes de 600 millions d'euros après des opérations boursières malencontreuses menées entre mi-septembre et début octobre. Depuis, la facture a été plusieurs fois revue à la hausse. Un rapport d'étape réalisé sur ces pertes par la Commission bancaire montre "de grave lacunes dans le système de contrôle" de la banque, a annoncé vendredi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
   
Le directoire de la Caisse d'Epargne avait décidé en avril l'arrêt des activités d'investissement pour son compte propre et l'équipe de la salle des marchés de l'Ecureuil était censée liquider progressivement son portefeuille d'ici la fin de l'année. Or, "à partir du 15 septembre", au lieu d'agir en ce sens, le trader "semble s'être engagé de sa propre initiative et pour des montants importants (...) dans une stratégie risquée", note un rapport interne. "Cette stratégie sera renouvelée plusieurs fois au cours du mois et début  octobre, y compris sur des montants exceptionnellement élevés", poursuit le document qui souligne que "cette dérive dans la gestion" n'a pas été perçue à  temps "du fait d'un nombre important de défaillances du contrôle interne et d'alertes ignorées".  A la décharge des responsables du trader, ce dernier aurait tenté de minimiser les risques par des déclarations "rassurantes" mais "mensongères",  souligne le rapport. Or l'inspection considère que c'est bien "le manque de réactivité" des responsables qui a "fortement aggravé" les choses.

Les pertes exceptionnelles de la Caisse d'Epargne ont conduit le 19 octobre son président Charles Milhaud, et le numéro deux, Nicolas Mérindol, à démissionner.

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