Image d'archives © TF1Le jugement a été accueilli par les cris hostiles de 200 militants nationalistes rassemblés devant le tribunal. Le procès des 10 militants indépendantistes corses, dont leur chef de file Jean-Guy Talamoni, devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour avoir brièvement occupé le 30 août du jardin de la villa de l'acteur Christian Clavier à Porto-Vecchio, s'est soldé vendredi par une condamnation pour chacun d'entre eux à 500 euros d'amende. Le parquet avait requis 2.000 euros d'amende. Ils encouraient jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende pour "violation de domicile".
L'un des avocats des militants a annoncé que les 10 condamnés allaient faire appel de ce jugement. Jean-Guy Talamoni a dénoncé une affaire politique, soulignant qu'il n'y avait eu ni violation de domicile, ni violences ni menaces. "Le parquet d'Ajaccio, une fois de plus, s'est ridiculisé en poursuivant sur des bases aussi grotesques. Le parquet, c'est sa nature, est soumis à la Chancellerie, donc au pouvoir politique", a-t-il dit sur France Info avant l'audience. Une série d'attentats à l'explosif a visé des villas sur l'île la nuit précédant le procès. A Bastellica, un couple de continentaux a été séquestré et ligoté pendant que des hommes masqués tentaient en vain de faire exploser sa maison. Trois villas en cours de construction ont été détruites par ailleurs à Pietrosella, Leccia (Corse-du-Sud) et Pietralba (Haute-Corse), selon les gendarmes.
Affaire médiatique et polémique
Un groupe d'indépendantistes s'était introduit le 30 août dans la résidence de Christian Clavier, ami proche du président Nicolas Sarkozy, à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud, à la suite d'une manifestation légale contre le Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc), qui doit être voté par l'Assemblée territoriale en 2009. Seul fait litigieux relevé par la gendarmerie lors de son enquête : le jet d'un coq d'ornement en plâtre dans la piscine. L'incident avait coûté son poste à Dominique Rossi, le chef des forces de sécurité de Corse, muté à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Il lui est reproché d'avoir laissé se dérouler cette action après en avoir été prévenu. Une sanction vivement critiquée, notamment dans les rangs de l'opposition de gauche et centriste, qui dénonçait une intervention de l'Elysée. Les syndicats de police estimaient que Dominique Rossi n'avait fait que son travail en cantonnant l'événement à une manifestation sans violence.
Christian Clavier s'est d'ailleurs fait discret. Il n'était pas présent au procè et ce n'est pas lui qui portait plainte, mais le parquet. Le comédien avait annoncé mardi qu'il ne se rendrait pas à Ajaccio, expliquant qu'il n'avait pas été témoin des faits et qu'il ne souhaitait pas être "instrumentalisé". Il a déposé plainte pour des menaces reçues depuis l'épisode, ce qui donne lieu à une autre enquête.
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