Eunice Barber témoigne pour ceux "qui se font tabasser"

le 26 novembre 2008 à 05h36 , mis à jour le 25 novembre 2008 à 15h43

L'athlète comparaît pour s'être rebellée et avoir mordu des policiers lors d'une interpellation musclée en 2006. Elle accuse ces policiers de l'avoir maltraitée.

Eunice BarberEunice Barber © LCI

La championne d'athlétisme Eunice Barber comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour s'être rebellée lors d'une interpellation en 2006. L'affaire avait fait grand bruit en 2006. Aux abords du Stade de France, en Seine-Saint-Denis, la championne d'athlétisme Eunice Barber avait mordu des policiers, qu'elle accuse de l'avoir maltraitée. Quelques jours après son interpellation tumultueuse, la quintuple médaillée française, avait saisi l'IGS (la police des polices). Elle avait alors publiquement dénoncé la violence des agents, les accusant de n'avoir "pas respecté l'éthique policière" et confié sa détermination à vouloir "témoigner pour des individus qui se font tabasser comme ça".  
 
A ce jour, seule Eunice Barber a été mise en examen et renvoyée devant la justice. Aucune violence illégitime de la part des policiers n'a été établie par l'enquête IGS ou retenue par le juge d'instruction. La spécialiste de l'heptathlon avait été interpellée alors qu'elle s'était engagée au volant de sa voiture dans une voie exceptionnellement interdite près du stade, avec sa mère et un jeune neveu. Elle affirme n'avoir pas compris l'injonction de l'agent de la circulation.
 
"Sales blanches, shut up"
 
Après s'être arrêtée, elle dit avoir été giflée d'emblée par un policier, ce que confirme seulement sa mère. Dans une vidéo amateur diffusée par L'Equipe TV quelques jours après, ne montrant que la suite, on voit Barber résister à son menottage et être plaquée  au sol par six policiers. Transportée par fourgon, toujours couchée, jusqu'au commissariat, elle est restée 28 heures en garde à vue. Trois témoins extérieurs insistent sur l'incroyable force physique de la championne, "la force d'une lionne". Eunice Barber ne nie pas avoir résisté et mordu au moins un policier pour protéger son corps, son "outil de travail". Mais, selon ses avocats, ce sont les violences exercées par les fonctionnaires, disproportionnées et illégitimes, selon eux, qui ont provoqué sa résistance, et non l'inverse. Les témoins n'ont pas vu les policiers frapper la championne. Eunice Barber, jugée pour "refus d'obtempérer" et "rébellion", devra également répondre d'"outrage". Les deux femmes policiers chargées de son transport l'accusent de leur avoir dit : "sales blanches, shut up".
 
"Tu as de la chance qu'il y ait du monde, sinon on t'aurait fait pire", lui auraient dit ces mêmes agents, rapporte la championne. Ses avocats ne manqueront pas de rappeler qu'elle avait initialement été accusée d'avoir roulé alors qu'un agent avait le bras coincé dans l'habitacle, puis d'avoir manqué de l'écraser, ce qui s'est avéré "mensonger". La Commission nationale de déontologie et de la sécurité s'était émue en février 2007 des conditions du menottage et du transport en fourgon de la championne. Celle-ci encourt au maximum 6 mois de prison et 7500 euros d'amende.
 
D'après agence

le 26 novembre 2008 à 05:36
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