Suspendu, le procès Ferrara sombre dans la confusion

le 05 novembre 2008 à 17h08 , mis à jour le 05 novembre 2008 à 21h46

La présidente de la cour d'assises de Paris a finalement décidé de suspendre le procès pour 24 heures, les accusés refusant de comparaître.

Antonio FerraraAntonio Ferrara © TF1-LCI

Le procès de l'évasion d'Antonio Ferrara a sombré mercredi dans une profonde confusion après la décision de cinq accusés, dont le braqueur italien lui-même, de récuser leurs avocats et de ne plus se présenter à l'audience, afin de faire capoter la procédure.

Dans la soirée, la présidente de la cour d'assises de Paris a finalement décidé de suspendre le procès pour 24 heures, jusqu'à vendredi matin, pour leur laisser "un délai de réflexion" pour mesurer les conséquences de leur attitude. Une décision prise après les interventions du bâtonnier Christian Charrière-Bournazel et du procureur général Laurent Le Mesle, venu expliquer que la loi permettait que le procès se poursuive quoi qu'il en soit.

Ferrara "refuse d'être jugé"

Le braqueur Antonio Ferrara, jugé aux assises de Paris avec 20 complices présumés de sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en mars 2003, avait annoncé mercredi que désormais il "refuse d'être jugé", après le rejet par la présidente d'une demande de renvoi du procès. "En ce qui me concerne je récuse la totalité de mes avocats, je demande à retourner dans ma cellule, je refuse d'être jugé dans ces conditions", a déclaré Ferrara, suscitant de brefs applaudissements dans le public.
 
Il s'exprimait après l'annonce par la présidente Janine Drai du rejet d'une demande de renvoi du procès formulée dans la matinée par ses avocats et ceux d'une dizaine de coaccusés à la suite d'incidents survenus mardi. Après "Nino" Ferrara, quatre autres accusés - son frère Diego, ainsi que Dominique Battini, Hamid Hakkar et Moussa Traoré - ont à leur tour récusé leurs conseils et demandé à quitter le procès. La présidente Janine Drai a alors décidé de "commettre d'office" les avocats de ces cinq accusés, soulignant qu'ils risquaient des sanctions disciplinaires devant leur ordre en cas de refus. Une suspension d'audience a été décidée peu avant 16h pour permettre à l'un de ces avocats, déjà commis d'office pour la défense de Moussa Traoré, de recueillir un avis du bâtonnier de l'ordre.
 
La demande de renvoi du procès était consécutive à la bousculade générale survenue mardi en fin de journée entre gendarmes et accusés dans le box, incident qualifié d'"explosion de colère" par les avocats, qui ont déjà régulièrement critiqué la conduite des débats par Janine Drai depuis l'ouverture du procès le 2 octobre.

le 05 novembre 2008 à 17:08
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