Le campement des 374 familles mal-laogées rue de la Banque à Paris © TF1-LCILa condamnation à 12.000 euros d'amende infligée lundi par le tribunal de police de Paris à l'association Droit au logement (DAL) pour avoir installé des tentes en plein Paris, rue de la Banque, a suscité mardi de nouvelles réactions d'indignation. Du côté du gouvernement, la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, a estimé que la condamnation relevait de "questions d'ordre public". En revanche, le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a estimé qu'il n'était "pas normal" d'infliger une amende, conseillant à l'Etat de "passer l'éponge".
Le nouveau face à face des sans-logis avec la police
En signe de protestation, une cinquantaine de sans-abri ont dormi devant un immeuble parisien squatté, devant la police qui n'est pas intervenue. Depuis un mois, l'association Droit au logement a engagé un bras de fer avec les pouvoirs publics pour que ces 13 familles soit relogées comme la loi l'exige.
Publié le 17/08/2011
Dans un communiqué, la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs France et l'Association Emmaüs ont exprimé leur "consternation" de cette amende, assortie d'une confiscation des tentes, une seconde sanction également infligée aux Enfants de Don Quichotte. Ils soulignent que "si, aujourd'hui, les pouvoirs publics se félicitent d'avoir institué le droit au logement opposable, chacun sait qu'on le doit d'abord au travail initial des associations - qu'il s'agisse du travail de réflexion ou de propositions qu'elles effectuent au quotidien depuis des années, mais aussi d'actions de dénonciation, ou d'interpellation comme celle initiée par les Enfants de Don Quichotte en décembre 2006".
"Ce jugement est une honte"
"Alors que les réponses politiques prennent si peu la mesure de l'urgence, et que l'on meurt dans les rues de notre pays ou dans les bois près de nos villes, elles estiment que c'est un bien mauvais signe que de condamner aveuglément des militants qui n'avaient d'autre motivation que de sensibiliser l'opinion", dénonce encore le communiqué des trois associations.
Pour Jeudi Noir, "l'incroyable décision du tribunal de police contre le DAL ressemble furieusement à condamner les mal-logés à souffrir ou mourir en silence". France terre d'asile a également exprimé "sa stupéfaction" dans un communiqué. "Il est possible d'avoir, avec le DAL, des différences d'approche et de méthode, mais on ne peut laisser condamner une association qui lutte avec constance, courage et opiniâtreté, pour le droit à l'hébergement et à un logement pour tous".
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, s'est élevé contre "une décision politique absolument révoltante". Selon lui, "on préfère que les mal logés, les sans-logis aillent crever tranquillement dans le bois de Vincennes loin de nos yeux, loin du regard de tout le monde". Pour le PCF, "ce jugement est une honte. Incapable de répondre à l'une des revendications les plus légitimes qui soit, celle de se loger dans la dignité, le gouvernement choisit la voie de la criminalisation de l'action citoyenne".
D'après agence
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