Des jeux de grattage © TF1/LCIC'est aujourd'hui que la 17e chambre correctionnelle de Paris doit rendre sa décision concernant Robert Riblet, poursuivi en diffamation par la Française des Jeux pour l'avoir accusée de "tricherie". En quelques années, cet ingénieur à la retraite de 62 ans, est devenu le cauchemar de la FDJ. Selon lui, elle n'aurait pas hésité à lui proposer 450.000 euros pour acheter son silence. Il est poursuivi pour avoir déclaré en février 2006, sur Europe 1, ainsi que dans des entretiens au JDD et à 20Minutes, que les joueurs étaient "victimes de discriminations", certains d'entre eux "grattant parfois sans avoir aucune chance de gagner". A ses yeux, la Française des Jeux est responsable d'une "tricherie organisée".
Selon lui, dans chaque carnet de tickets, qui ont une valeur totale de 150 euros, il y a un tiers de petits lots (de 1à 10 euros) afin de maintenir l'addiction des joueurs, les deux tiers restants étant perdants. Et quand sort un lot "significatif", supérieur à 20 euros, il n'y en a qu'un seul. Ce qui signifie que les joueurs qui acquerront un billet dans la fin du carnet n'ont plus aucune chance de gagner un gros lot. Selon Robert Riblet, certains buralistes et accrocs du jeu, au courant de la faille, augmentent ainsi leurs chances de gagner en ne piochant plus dans les livrets ayant déjà fourni le précieux ticket. "Cela permet des manipulations du hasard" et entraîne "une rupture de l'égalité entre les joueurs", avait dénoncé à l'audience en octobre dernier son avocat, Me Dominique Mathonnet, en soulignant le sérieux de son enquête.
La démonstration "pas sérieuse"
Un sérieux qu'est venu confirmer à la barre Gilles Delbos, ancien journaliste à Capital, auteur avec M. Riblet d'un livre sur le sujet (100% des perdants ont tenté leur chance, Seuil). Le journaliste a raconté comment il avait, avec M. Riblet, fait la tournée des bars-tabac, armé d'une caméra cachée. Dix buralistes sur douze lui avaient alors confirmé avoir remarqué la chose. "Mais, on ne va pas le dire aux clients, sinon ils ne joueront plus!", aurait répondu l'un d'entre eux. Il a également témoigné de la façon dont son sujet avait été amputé de 8 minutes par sa hiérarchie et réécrit dans une version "moins offensive" pour la FDJ. Choqué, le journaliste a depuis démissionné.
Déplorant qu'il soit reproché à la FDJ "de tricher, c'est-à-dire de ne pas respecter les règles" de manière "délibérée", son avocat, Me Thierry Herzog, a vigoureusement contesté le sérieux de la démonstration, "qu'un simple calcul mathématique vient contredire". D'autant, selon lui, que "le hasard total ne peut par nature exister pour des jeux de grattage puisqu'il est, par principe, affecté par la présence même d'un tableau de lots". Si la démonstration n'est pas sérieuse, l'affaire, elle, l'est un peu : une instruction est toujours en cours à Nanterre pour "escroquerie et abus de confiance", suite à une plainte du retraité.
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