Imad Lahoud, à la sortie de son audition à Paris, le 19 juillet 2007 © LCINouveau rebondissement dans l'affaire Clearstream. Imad Lahoud, qui avait jusque-là toujours nié être le falsificateur des listings issus de la chambre de compensation Clearstream, affirme, dans Le Point à paraître jeudi, avoir lui-même "ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les faux listings". Mieux, il assure que c'est depuis "le bureau d'Yves Bertrand", alors patron des Renseignements généraux, qu'il a ajouté ce nom. Il assure avoir rencontré "six fois" l'ancien directeur des Renseignements généraux. "La dernière fois que j'ai vu Bertrand, c'était dans son bureau, pour ajouter le nom de Sarkozy sur les faux listings. C'est le seul nom que j'ai ajouté. C'était en présence d'une troisième personne, dont je préfère pour l'instant taire l'identité", a déclaré Imad Lahoud à l'hebdomadaire. L'informaticien fait l'objet d'un renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux".
Dans un communiqué transmis à l'afp par son avocat, Me Basile Ader, Yves Bertrand "redit qu'il n'a jamais rencontré Imad Lahoud". Il "s'étonne" par ailleurs d'un "tel acharnement" du Point contre lui. Il "déposera plainte en diffamation dès la parution" de l'hebdomadaire jeudi, précise le communiqué. Yves Bertrand "se réserve d'attaquer de la même façon les journaux qui relaieraient de telles calomnies".
Imad Lahoud, un homme "fatigué, épuisé"
Imad Lahoud soutient que "tous ces rendez-vous figurent" dans ses "agendas électroniques, qui ont été saisis dans l'affaire Clearstream" et il ajoute : "Malheureusement, les juges (Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, qui ont instruit Clearstream, ndlr) n'ont jamais pris la peine de regarder si le patron des RG y apparaissait". M. Lahoud a régulièrement changé de version au cours des quatre années d'instruction sur l'affaire Clearstream de "dénonciation calomnieuse". Ni M. Lahoud ni son avocat, Me Olivier Pardo, n'ont pu être joints jeudi par l'afp. Au Point, Imad Lahoud explique ses aveux subits comme émanant d'un homme "fatigué, épuisé". "Je me suis enferré dans une défense sans issue où je niais tout en bloc", affirme-t-il.
Ce virage à 180 degrés dans sa défense intervient alors que l'instruction Clearstream est terminée depuis le 17 novembre. Les juges ont décidé du renvoi devant le tribunal de M. Lahoud, de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, de l'auditeur Florian Bourges et du journaliste Denis Robert. "Ce dossier se règlera devant le tribunal, les déclarations de M. Lahoud ne changent rien en l'état puisqu'il est déjà renvoyé devant le tribunal pour 'faux et usage de faux'", a-t-on indiqué de source judiciaire.
| Plainte d'EADS : Gergorin en garde à vue, Lahoud entendu |
L'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin a été placé en garde à vue et l'informaticien Imad Lahoud entendu comme témoin mercredi par la police dans le cadre d'une enquête judiciaire pour "escroquerie" aux dépens d'EADS, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Cette enquête a été ouverte en février 2007 à la suite d'une plainte de la société d'aéronautique et de défense européenne EADS contre Imad Lahoud pour "escroquerie, faux et abus de confiance". La société soupçonne l'informaticien, embauché par Gergorin à EADS, d'avoir dépensé 84.000 euros en taxis entre octobre 2004 et mai 2006 alors qu'il disposait d'une voiture de fonction. Des faits similaires sont également reprochés par la société à M. Gergorin, selon une source judiciaire. L'ex-vice-président d'EADS était entendu mercredi dans ce cadre sous le régime de la garde à vue par des policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF). Imad Lahoud a également été entendu mercredi comme témoin dans les locaux de la DNIF. Directement mis en cause par la plainte d'EADS, il n'a pas été placé en garde à vue pour des raisons procédurales, selon cette même source. Le groupe EADS reproche également à M. Lahoud de lui avoir facturé des études qu'il aurait plagiées sur des rapports déjà achetés par EADS à d'autres sociétés. L'information judiciaire pour escroquerie aux dépens d'EADS est également instruite par Jean-Marie d'Huy mais "n'a rien à voir" avec le dossier Clearstream, a-t-on précisé de source judiciaire. |
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