
L'ex-capitaine de la brigade des stupéfiants de Strasbourg, jugé pour trafic de drogue avec sa maîtresse greffière au tribunal de grande instance, a été décrit mercredi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg comme "aimant tester ses limites et les dépasser". Selon les experts cités dans le dossier, François Stuber, 46 ans, ancien numéro 2 de la brigade et aujourd'hui révoqué de la police, "aimait tester ses limites" et les "dépasser", comme un "pilote de rallye" qui ne sait pas s'il "sera vivant au prochain virage".
Lors d'une matinée essentiellement consacrée à la personnalité des dix prévenus qui comparaissent dans cette affaire, François Stuber, cheveux ras et sobrement vêtu d'une veste noire sur une chemise blanche, a répondu laconiquement aux questions du président Bernard Bangratz.
La banalisation
Soupçonné de trafic d'héroïne, de cocaïne, cannabis, subutex et d'amphétamines et de détournement de scellés, il reconnaît presque tout mais assure ne pas avoir senti quand il a "dérapé". "Vous souvenez-vous de la formule du serment que vous avez prêté lorsque vous êtes entré dans la police?", l'interroge le président. "Pas précisément. Il fallait arrêter les délinquants. Il y avait un code de déontologie..." "Seriez-vous resté trop longtemps en poste à Strasbourg?", questionne le magistrat. "Ce n'est pas une excuse. On peut rester 35 ans sans trangresser", reconnaît l'ancien officier. "Une fois seul dans ma cellule, j'ai essayé de chercher (...) Peut-être la banalisation du même travail pendant des années et des années", avance-t-il.
Fasciné par les gains faciles, il fréquentait assidûment les salles de jeu en compagnie de sa maîtresse Laurence Hamon, une greffière de 37 ans qu'il souhaite désormais épouser, après avoir récemment divorcé de sa femme.
Cette dernière comparaît pour avoir participé au stockage des produits et au blanchiment de l'argent issu des reventes et avoir soustrait une pièce d'un dossier d'instruction. D'une voix difficilement audible, elle a expliqué comment à l'époque, sa vie "tournait autour de François Stuber". Elle a encore concédé "ne pas avoir su dire non" ni remettre "les barrières". Sept autres prévenus comparaissent à leur côté pour leur implication dans cette affaire.
(D'après agence)
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