Le procès se poursuit sans accusé ni avocat

le 07 novembre 2008 à 19h30 , mis à jour le 07 novembre 2008 à 19h38

L'audience s'est poursuivie tant bien que mal vendredi au procès Ferrara, alors que l'accusé principal, après avoir récusé ses défenseurs, ne veut plus paraître au tribunal.

Nino Ferrara/DRNino Ferrara © DR

Après ses avocats, Antonio Ferrara a claqué à son tour vendredi la porte du procès de son évasion de 2003, laissant la cour d'assises de Paris poursuivre tant bien que mal une audience sans l'accusé principal ni ses défenseurs, cas inédit dans l'histoire judiciaire française. Comme il en avait brandi la menace mercredi, journée de chaos au lendemain d'une bousculade générale dans le box des accusés, le braqueur italien a quitté l'audience vers 14h30 après une ultime tentative du côté des parties civiles pour le retenir afin "d'écouter" ce qu'il a à dire sur son évasion aux allures d'opération commando le 12 mars 2003.

"Je m'en excuse à l'avance auprès de Mme Prado (une surveillante de Fresnes visée par des tirs qui est partie civile), je renonce", a déclaré "Nino", rapidement imité par deux de ses 20 coaccusés, Hamid Hakkar et Dominique Battini, le seul à avoir reconnu sa complicité. "Je ne tiens plus", a lâché Ferrara en demandant à regagner sa cellule et à y rester désormais jusqu'à la fin des débats. Mais la présidente Janine Drai a laissé entendre qu'il pourrait être amené de force, au moins jusqu'à une cellule du palais de justice. Car exiger d'un huissier qu'il se rende à la prison pour la sommation réglementaire, puis revienne rapporter à la cour le probable refus, risquerait de retarder chaque jour l'audience "d'au moins une heure, peut-être deux", a-t-elle justifié.

Le bâtonnier intervient de nouveau

Mercredi déjà, Ferrara et les deux coaccusés mentionnés avaient récusé leurs avocats et ceux-ci, après 24 heures de suspension, ne se sont pas présentés à l'audience vendredi matin. Au risque de sanction, ils n'ont pas tenu compte de la décision de la présidente de les "commettre d'office", et celle-ci a bien dû admettre qu'elle avait désormais à gérer "une situation inédite" dans un procès criminel en France. "Oui, nous sommes en 2008, dans une démocratie, mais les débats doivent se poursuivre parce que la cour en a décidé ainsi", a répondu Janine Drai à un avocat lui intimant d'expliquer "clairement" comment une telle situation était possible. De fait, un arrêt de la Cour de cassation datant d'octobre 1957 stipule que "le défaut d'un avocat au cours des débats ne vicie pas la procédure" aux assises, dès lors qu'il n'est pas le fait de la cour ou du ministère public.

Déjà intervenu trois fois au procès depuis ses débuts le 2 octobre, le bâtonnier Christian Charrière-Bournazel a expliqué à des journalistes qu'il proposerait au Parlement de modifier la loi pour qu'à l'avenir "seul le bâtonnier" puisse juger de "la validité des excuses d'un avocat" refusant la commission d'office. "C'est très préoccupant de voir un procès d'une telle importance se poursuivre sans les accusés et sans les avocats", a-t-il déclaré. 

Le procès de la spectaculaire évasion de Fresnes le 12 mars 2003, avec armes automatiques et explosifs, est au bord de l'implosion depuis une bousculade générale survenue dans le box mardi peu avant 18 heures après qu'un gendarme eut intercepté un mot que Ferrara transmettait à l'un de ses conseils. La défense a déposé des demandes de renvoi successives, dénonçant une  audience "inéquitable" ne laissant pas suffisamment la parole aux accusés et  risquant d'influencer négativement les jurés.

D'après agence

le 07 novembre 2008 à 19:30
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience