© sxc.huLa pétition a été rendue publique lundi. Parmi la centaine de signataires, on trouve nombre de grands noms de psychiatres, psychologues ou psychanalystes tels Daniel Zagury, Roger Ferreri, Antoine Lazarus. Mais aussi des responsables d'associations ou syndicats tels Patrice Charbit (psychiatres privés), Claude Louzoun (Comité européen droit, éthique et psychiatrie), Marie Napoli (Union syndicale de la psychiatrie). Ou encore le président d'honneur du Comité Consultatif National d'Ethique, Didier Sicard. La cible de leur vindicte : le dispositif de rétention de sûreté prévu par la loi du 25 février, dont les décrets d'application ont été publiés le 5 novembre, et qu'ils qualifient de "perpétuité sur ordonnance".
Cette loi "fait rupture" dans la tradition juridique, dans la mesure où elle permet l'incarcération de personnes ayant purgé leur peine, du fait de leur "particulière dangerosité", soulignent les protestataires dans leur pétition. Pour eux, cette loi fait aussi "rupture dans la tradition et l'éthique médicales" puisque "c'est l'expertise médico-psychologique qui devient l'élément clé du dispositif pour décider de cette mesure de sûreté", et que la médecine, dont la mission est "de porter secours et de soigner", "se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration".
Une "manoeuvre démagogique", qui "ne résoudra rien"
"C'est une mystification et une confusion organisée des registres", estiment les signataires. "Une mystification car il est faux que l'on puisse prédire, pour un individu donné, les actes à venir". Et une confusion parce que la fonction, la déontologie et l'éthique des soignants "les situent du côté de la personne, ses libertés et ses contraintes, non de l'ordre public désincarné".
Pour les professionnels de la psychiatrie, il s'agit donc essentiellement d'une "manoeuvre démagogique", qui "ne résoudra en rien le problème des criminels récidivants". D'où l'appel qui conclut cette pétition : "Nous, professionnels de la psychiatrie, déclarons publiquement refuser de participer à la mise en place de ce dispositif de rétention de sûreté".
D'après agence
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