Les psychiatres contre la "perpétuité sur ordonnance"

le 10 novembre 2008 à 17h26 , mis à jour le 10 novembre 2008 à 17h28

Des professionnels de psychiatrie ont lancé une pétition dans laquelle ils refusent de participer à l'application de la loi sur la rétention de sûreté.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

La pétition a été rendue publique lundi. Parmi la centaine de signataires, on trouve nombre de grands noms de psychiatres, psychologues ou psychanalystes tels Daniel Zagury, Roger Ferreri, Antoine Lazarus. Mais aussi des responsables d'associations ou syndicats tels Patrice Charbit (psychiatres privés), Claude Louzoun (Comité européen droit, éthique et psychiatrie), Marie Napoli (Union syndicale de la psychiatrie). Ou encore le président d'honneur du Comité Consultatif National d'Ethique, Didier Sicard. La cible de leur vindicte : le dispositif de rétention de sûreté prévu par la loi du 25 février, dont les décrets d'application ont été publiés le 5 novembre, et qu'ils qualifient de "perpétuité sur ordonnance".

Cette loi "fait rupture" dans la tradition juridique, dans la mesure où elle permet l'incarcération de personnes ayant purgé leur peine, du fait de leur "particulière dangerosité", soulignent les protestataires dans leur pétition. Pour eux, cette loi fait aussi "rupture dans la tradition et l'éthique médicales" puisque "c'est l'expertise médico-psychologique qui devient l'élément clé du dispositif pour décider de cette mesure de sûreté", et que la médecine, dont la mission est "de porter secours et de soigner", "se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration".

Une "manoeuvre démagogique", qui "ne résoudra rien"

"C'est une mystification et une confusion organisée des registres", estiment les signataires. "Une mystification car il est faux que l'on puisse prédire, pour un individu donné, les actes à venir". Et une confusion parce que la fonction, la déontologie et l'éthique des soignants "les situent du côté de la personne, ses libertés et ses contraintes, non de l'ordre public désincarné".

Pour les professionnels de la psychiatrie, il s'agit donc essentiellement d'une "manoeuvre démagogique", qui "ne résoudra en rien le problème des criminels récidivants". D'où l'appel qui conclut cette pétition : "Nous, professionnels de la psychiatrie, déclarons publiquement refuser de participer à la mise en place de ce dispositif de rétention de sûreté".

D'après agence

le 10 novembre 2008 à 17:26
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5 Commentaires

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  • George, le 10/11/2008 à 18h24

    Bien irresponsable de la part des ces profossionnels puisque nombre de cas ont montré qiue la récidive est fréquente voire systématique dans les cas de pédophiles et autre barbares sexuels. S'ils ne veulent pas jouer le jeu favorable à la population, il ne restera qu'à alourdir les peines pour qu'elle soient à perpétuité réelle.

  • Xav91, le 10/11/2008 à 17h59

    Pas de probleme ... dans la mesure où les experts deviennent responsables devant la loi !!! Il est facile defaire des grands discours devant un tribunal quand on n'engage pas sa responsablité.

  • Alain, le 10/11/2008 à 17h49

    ET si cet homme mis déontologiquement dehors zigouille une ou deux personnes ? Puisque l'avis de psychiatres va être demandé avant d'enfermer la personne, il ya une solution : Il peuvent toujours déclarer la personne pas dangereuse et non suceptible de recommencer. mais en cas de récidive, c'est eux qui vont en cabane à sa place ! Y en a marre de ces bons samaritains qui prechent la redemption et la réinsertion sans se soucier des futures vicimes !

  • Rp, le 10/11/2008 à 17h48

    Si ces gens avaient vu un de leurs proches assassiné par un dingue fraichement libéré, ils seraient sans doute plus nuancés dans leur point de vue... ils sont furieux parce qu'on touche à leur sainte autorité en matière d'incarceration des cas pathologiques? voire, mais leur pouvoir implique la responsabilité: si un dingue libéré tue quelq'un ils n'y sont pour rien. alors, dans le doute... construisons des penitenciers!

  • Fred, le 10/11/2008 à 17h47

    Bien, qu'ils signent pas, mais alors qu'ils prennent la responsabilité des actes des cinglés qu'ils autorisent à relâcher dans la nature... l'homme reste un animal, aucune raison de le traité mieux qu'un autre lorsqu'il se comporte comme un sauvage

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