Image d'archives © TF1-LCIRachida Dati a dit "assumer totalement" jeudi ses mesures concernant la surveillance des condamnés "dangereux", au nom de la cohérence du discours de la justice dû aux victimes. "On ne peut plus s'accommoder de dire aux victimes, à leurs parents, 'le condamné était dangereux' et le remettre en liberté", a dit la garde des Sceaux lors d'une visite dans la matinée au futur centre de rétention de sûreté de Fresnes (Val-de-Marne). "La première des libertés, c'est de vivre en sécurité", a ajouté la ministre, en défendant la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté, dont les décrets d'application ont été publiés mercredi au Journal Officiel, ainsi que le projet de loi qui la complète pour renforcer la surveillance des récidivistes potentiels.
Pour la garde des Sceaux, qui a dit "assumer totalement" ces mesures concernant un sujet très "complexe", la rétention de sûreté n'est "pas une peine après la peine". Il s'agit de dire aux condamnés dangereux, "violeurs en série, tueurs en série, qui ne veulent pas se soigner" qu'ils "ne sortiront pas s'ils ne se soignent pas". "Notre responsabilité, c'est d'assurer une vraie prise en charge pluridisciplinaire" de ces condamnés considérés comme dangereux, dont beaucoup "ne veulent pas se soigner", a ajouté Mme Dati, en assurant que "les moyens y sont". Le projet de loi présenté mercredi renforce le dispositif de "surveillance de sûreté", applicable aux condamnés à l'expiration de la totalité de leur peine, qui prolonge les obligations de la "surveillance judiciaire". Celles-ci s'appliquent au criminel sortant de prison avant d'avoir purgé la totalité de sa condamnation, grâce aux remises de peine.
Six condamnés sur la liste
Sur les "77 condamnés" actuellement sous surveillance judiciaire, "six sont potentiellement considérés comme dangereux", selon Mme Dati, et pourraient faire l'objet en 2009 d'une mesure de surveillance de sûreté, voire d'un placement au centre de rétention de sûreté de Fresnes, s'ils ne respectent pas leurs obligations.
Le centre socio-médico-judiciaire de sûreté de Fresnes, installé au 3e étage de l'Etablissement public de santé national (EPSNF), au sein du domaine pénitentiaire, est prévu à terme pour accueillir dix condamnés dans des studios de 20 m2, dont un seul est à ce jour terminé. Meublés d'un lit, d'un bureau, de quelques rangements, ces studios sont équipés d'une kitchenette et d'une salle de douche privative. Placé sous la surveillance de l'administration pénitentiaire, le centre, en pleins travaux, disposera aussi de salles d'activités, de sports, d'une salle à manger collective, de salles de thérapie, d'une buanderie, d'une médiathèque, selon les plans présentés jeudi. La prise en charge des personnes y étant retenues sera assurée de 9h00 à 17h00 par des éducateurs, psychiatres et psychologues. Les travaux, d'un coût estimé entre 850.000 euros et 1,3 million d'euros financés par les ministères de la Santé et de la Justice, devraient être finis mi-décembre selon la Chancellerie.
D'après agence
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