© LCIUne information judiciaire a été ouverte après le dépôt d'une plainte visant un supposé enrichissement frauduleux des dirigeants de Wendel, dont son président Ernest-Antoine Seillière, "patron des patrons" de l'UE. Cette procédure visant des faits "d'abus de biens sociaux" et "recel d'abus de biens sociaux", ouverte mi-novembre, a été confiée à la juge François Desset, magistrate du pôle financier. Elle fait suite au dépôt par Sophie Boegner, administratrice de la holding familiale SLPS, contrôlant Wendel, d'une plainte avec constitution de partie civile, qui rend l'ouverture d'une telle procédure quasiment automatique.
Le 15 septembre, le parquet de Paris s'était prononcé pour le classement sans suite de cette plainte simple estimant qu'aucune qualification pénale ne ressortait du dossier au vu d'éléments d'information transmis par l'Autorité des marchés financiers et d'une expertise interne. "Tant l'AMF que le parquet ont établi la régularité de l'ensemble des opérations d'association du management au capital de Wendel : la transparence à l'égard des actionnaires, la bonne gouvernance, la conformité des opérations au droit", s'était alors félicité le groupe Wendel. Me Patrick Maisonneuve, l'avocat de Sophie Boegner, héritière de l'empire sidérurgique réorienté vers l'investissement, et par ailleurs cousine d'Ernest-Antoine Seillière, avait de son côté expliqué "ne pas comprendre la décision du parquet, compte-tenu des pièces fournies" et avait annoncé le dépôt d'une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.
La plaignante évincée du conseil d'administration
Le litige porte sur la période de la réorganisation du capital du groupe Wendel en 2007 : une quinzaine de cadres dirigeants avaient alors acquis près de 5% des parts de Wendel investissement, société du groupe cotée en bourse. Ces parts représentaient 324 millions d'euros en actions, dont 79 millions pour les seules parts d'Ernest-Antoine Seillière. Mais les dirigeants n'avaient déboursé que 83 millions grâce à un mécanisme juridique et fiscal complexe.
Sophie Boegner estime que la famille Wendel (dont les membres ne peuvent être que les seuls actionnaires de la SPLS) ne bénéficiait pas des conditions avantageuses accordées au management et a pâti financièrement de la réorganisation du capital du groupe à hauteur de 30 millions d'euros. La réorganisation du groupe a été réalisée avec l'accord des conseils d'administration et assemblées générales des structures concernées, mais Sophie Boegner dénonce le rôle de juge et partie d'Ernest-Antoine Seillière, présent dans les instances décisionnaires de plusieurs des structures du montage.
Depuis le dépôt de sa plainte, Sophie Boegner a été évincée du conseil d'administration de la SLPS. Wendel a également porté plainte contre elle pour dénonciation calomnieuse. Cette plainte ne sera examinée par la justice qu'à l'issue de l'enquête principale.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




