Seillière dit avoir tout ignoré des retraits suspects

le 03 novembre 2008 à 18h34 , mis à jour le 03 novembre 2008 à 18h50

L'ancien président du Medef, entendu lundi par le juge chargé de l'enquête sur l'UIMM, a affirmé avoir tout ignoré des retraits de fonds suspects des caisses de l'organisation patronale.

Seillière Ernest-Antoine Medef président © LCI

Ernest-Antoine Seillière a été interrogé durant une heure, lundi, au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, sur l'existence d'un système de financement occulte au sein de la fédération de la métallurgie dont auraient pu bénéficier, selon certains témoins, des syndicats, organisations politiques et le CNPF, ancêtre du Medef. Ernest-Antoine Seillière, qui fut membre du bureau de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) pendant plus de dix ans, a expliqué au juge qu'il était très irrégulièrement présent à l'UIMM dont il recevait les rapports d'activité, selon une source proche du dossier.
  
Interrogé par le magistrat sur les déclarations d'un ancien haut responsable de l'UIMM (1979-1995), Jacques Gagliardi, selon lequel l'UIMM avait financé le CNPF avec des versements en liquide, l'ancien président du Medef s'est dit  "désemparé par cette assertion", selon cette même source. Le 16 juillet, M. Gagliardi avait expliqué au juge qu'un "représentant du  CNPF venait régulièrement s'alimenter en munitions auprès de M. Guillen (Pierre  Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, ndlr)" ajoutant que ces pratiques s'étaient poursuivies après son départ en 1995.

Un ancien président de l'UIMM (1992-1999), Arnaud Leenhard, avait auparavant expliqué au juge que le CNPF avait été l'un des allocataires de l'UIMM mais que ces pratiques s'étaient interrompues lorsque le Medef avait été créé avec l'arrivée de M. Seillière. L'ancien patron des patrons n'a pas confirmé devant le juge les propos de M. Leenhard, affirmant simplement n'être "pas d'accord" avec lui, a-t-on affirmé de même source.
  
Le juge Roger Le Loire cherche à connaître la destination de quelque 16,5 millions d'euros en espèces retirés entre 2000 et 2007 d'une caisse de secours mutuel de l'UIMM. Pour cela, il tente de reconstituer l'historique de ces pratiques occultes au sein du patronat français et d'établir la connaissance que pouvait en avoir ses principaux dirigeants.

le 03 novembre 2008 à 18:34
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