"Syriana" : pour la justice, la Warner n'a pas plagié

le 12 novembre 2008 à 16h45 , mis à jour le 12 novembre 2008 à 16h48

Le TGI de Paris a estimé mercredi que le thriller géopolitique américain produit par la Warner n'était pas un plagiat des scénarii élaborés par une Française.

Syriana de WarnerSyriana de Warner © Warner

Réalisé par Stephen Gaghan, "Syriana" est un film à intrigues multiples sur les complexes réseaux du pétrole au Moyen-Orient, où George Clooney joue le rôle de l'agent de la CIA Bob Barnes, aux côtés d'autres pointures du box-office américain comme Matt Damon. Sorti en décembre 2005 aux Etats-Unis et en février 2006 dans l'Hexagone, il a valu à l'acteur américain George Clooney l'oscar 2006 du meilleur second rôle masculin. Estimant que le scénario du film avait été copié sur deux de ses scripts, "Oversight", et dans une moindre mesure "Conakry", Stéphanie Vergniault, 39 ans, spécialiste en géostratégie pétrolière, avait assigné la Warner et la société de production de Steven Soderbergh et George Clooney, Section Eight.
 
Dénonçant une atteinte à ses droits d'auteur, elle réclamait un million d'euros. En juin 2006, le juge des référés du TGI de Paris lui avait donné tort. Une analyse confirmée mercredi par les magistrats de la 3e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris qui ont débouté la jeune femme. Celle-ci devra verser un euro de dommages et intérêts aux deux sociétés de production et à Stephen Gaghan, ainsi que 20.000 euros au titre des frais de justice. "Un auteur ne peut prétendre monopoliser des faits historiques ou d'actualité ou encore des idées politiques", rappelle le TGI dans sa décision. Ainsi, relève-t-il, "la reprise de thèmes tels que l'influence des Etats-Unis ou des compagnies pétrolières au Moyen-Orient, l'organisation d'un coup d'Etat en vue de mettre en place un dirigeant plus sensible aux intérêts occidentaux et à leurs industries, le tout mêlé à des actions terroristes ou de la CIA, sont des thèmes empruntés à l'actualité et qui la dominent depuis le début du 21e siècle".
  
Personnages différents, intrigue pétrolière dans l'un, amoureuse dans l'autre... Pour les magistrats parisiens, on ne peut parler de contrefaçon. Quant aux scènes "qualifiées de particulièrement proches par la demanderesse", et "qui se passent dans un bureau", elles "ne peuvent être retenues du seul fait qu'elles prennent place dans un bureau et que des photos y sont rangées".
  
Au vu des dates de tournage et du dépôt du script de Stéphanie Vergniault, le tribunal fait également remarquer que le réalisateur et scénariste de Syriana n'aurait jamais pu se procurer les scénarii litigieux. "Il ne saurait en outre être sérieusement soutenu par la demanderesse que la  société Warner Bros aurait eu accès à son scénario à la suite du piratage  informatique dont aurait été l'objet l'ordinateur de ses amis", concluent les magistrats.

                                                                                                                                              D'après agences

le 12 novembre 2008 à 16:45
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