
Soupçonné de trafic d'héroïne, cocaïne, cannabis, subutex et amphétamines et de détournement de scellés, François Stuber, 48 ans, ancien numéro 2 de la brigade des stupéfiants de Strasbourg, reconnaît presque tout, sauf d'avoir ordonné à son indicateur la mise en place d'une filière d'importation de cannabis. Sa maîtresse, Laurence Hamon, 37 ans, ancienne greffière au TGI de Strasbourg, comparaît à ses côtés pour avoir participé au stockage des produits et au blanchiment de l'argent issu des reventes et avoir soustrait une pièce d'un dossier d'instruction.
"Ils sont inquiets car ils vont comparaître devant les juges avec qui ils ont travaillé et qu'ils ont a minima connus, c'est leur maison de justice", a déclaré leur défenseur Francis Metzger. "Ils ont dérapé", a admis l'avocat. "Ils vont jouer leur avenir dans une affaire qui n'est absolument pas ordinaire", a-t-il encore dit, en évoquant l'"amour passionnel" qui lie le policier et la greffière.
L'affaire avait démarré fin 2006 lorsque François Stuber avait été dénoncé par son "indic", un dealer qui comparaît aussi dans cette affaire à Strasbourg. Ce dealer, déjà condamné pour trafic de stupéfiants, avait été recruté en 2002 par Stuber. Ce dernier lui avait proposé de revendre auprès de son réseau le "matos" prélevé sur les saisies de drogues. Selon ses dires, l'indic aurait remis à son "patron" entre 400.000 et 500.000 euros entre 2003 et 2006. Des sommes contestées par l'intéressé qui reconnaît toutefois avoir rencontré de graves problèmes d'endettement. Sept autres prévenus comparaissent à leur côté pour leur implication dans cette affaire.
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