© TF1/LCIThierry Habita, 57 ans, professeur à Bessancourt dans le Val d'Oise, a été reconnu coupable lundi d'avoir retenu, en le ceinturant, un élève de classe de 3e turbulent, Romain, pendant que d'autres élèves le frappaient. Cette scène se serait reproduite "à plusieurs reprises" en l'espace de quelques semaines, entre septembre et novembre 2007, selon les témoins. En conséquence, le tribunal correctionnel de Pontoise l'a condamné à six de prison avec sursis. Le tribunal a, en revanche, jugé que la condamnation de l'enseignant ne devait pas être inscrite au fichier B2 de son casier judicaire. Cela permet au professeur, actuellement en arrêt maladie, de poursuivre son activité professionnelle si aucune sanction administrative ne l'en empêche.
La sanction retenue est plus clémente que celle requise lors du l'audience du 27 octobre dernier. Le procureur du tribunal correctionnel de Pontoise avait alors réclamé neuf mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer pendant trois ans à l'encontre de l'enseignant. Lors du jugement, lundi, Thierry Habita était absent, tout comme la victime. Le professeur qui était aussi poursuivi pour avoir porté un coup de tête contre un autre élève de la même classe, a été relaxé dans ce volet de l'affaire.
Condamnation "infamante" mais "mesurée"
"Six mois avec sursis, ça reste une peine élevée pour des faits artificiellement gonflés par la victime", a déclaré Benoît Dumontet, l'avocat de l'enseignant, à l'issue du jugement. L'avocat qui avait demandé au tribunal de ne pas interdire à son client d'exercer sa profession, "ce qui serait une mort sociale pour lui", a obtenu gain de cause. "La condamnation est sévère et infamante mais elle reste mesurée", a-t-il déclaré. L'avocat a précisé qu'il allait rencontrer son client lundi pour décider s'il allait interjeter appel de la décision.
Lors des débats, le professeur de français avait reconnu avoir donner l'autorisation de frapper la victime mais avait nié l'avoir ceinturé pour l'empêcher de se défendre. "C'est le gamin le plus difficile que j'ai eu dans ma carrière. Il est très insolent, il se levait en cours. Alors qu'il y avait du chahut, un élève m'a demandé s'il pouvait le frapper. J'ai dit oui mais je n'avais aucune intention qu'il y ait un préjudice pour lui", avait-il expliqué pendant son procès. "Les élèves sont allés le voir, c'était pas méchant, je me suis tout de suite interposé. Je l'ai tenu pour qu'il se rasseye", avait-il ajouté. M. Habitat avait aussi précisé que l'élève l'avait traité de "connard" et lui avait demandé s'il était "encore puceau". "Les parents ont été convoqué 7 ou 8 fois en vain. Mon client a été dépassé par les évènements. Des élèves lui ont demandé s'ils pouvaient taper leur camarade, il a dit oui", a précisé Me Dumontet lundi. L'avocat de la victime, Cédric Buffo, a quant à lui trouvé la décision du tribunal "satisfaisante".
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