TF1 LCI péage bignon 
Un jugement inédit et inattendu
Le conducteur qui avait mis en cause un dysfonctionnement de son régulateur de vitesse après un accident mortel à un péage en juillet 2006 a été relaxé lundi par le tribunal correctionnel de Nantes, qui a considéré que l'homme avait agi "sous la contrainte". Le tribunal a estimé que le conducteur, absent au rendu du jugement, "n'a pu résister à la force imposée à lui" et l'a relaxé au pénal, tout en le considérant responsable civilement envers les parties civiles.
Lors de l'audience le 8 décembre, le conducteur a assuré qu'il avait tenté en vain de désactiver le régulateur de vitesse du véhicule Toyota Rav4 "700 mètres avant le péage" mais que "le frein ne répondait pas, la pédale était dure". Le ministère public avait réclamé huit mois de prison avec sursis et une annulation du permis de conduire à l'encontre du conducteur, mis en examen pour homicide involontaire. Le parquet, qui avait réclamé huit mois de prison avec sursis et une annulation de permis, a annoncé son intention de faire appel du jugement.
Jugement "inattendu"
L'homme, un Toulousain de 55 ans qui circulait le 14 juillet 2006 sur l'autoroute A83 avait fauché au péage du Bignon (20 km au sud de Nantes) une femme de 46 ans et mère de deux enfants, employée des Autoroutes du Sud de la France (ASF). Le verdict a réjoui l'avocat de l'automobiliste de 55 ans. "C'est la première fois en France, à ma connaissance, qu'un prévenu est relaxé dans une affaire où est mis en cause un régulateur de vitesse", s'est réjoui Me Yvan Trebern. L'automobiliste, reconnu toutefois responsable sur le plan civil, devra s'acquitter de "plusieurs centaines de milliers d'euros" de dommages et intérêts auprès de la famille de la victime.
"C'est un jugement totalement inattendu, car le dossier d'instruction contenait de nombreux éléments techniques qui allaient dans le sens d'une faute du conducteur", a réagi pour sa part Anne Lombard, avocate du mari et des deux enfants de l'employée fauchée. "Si le tribunal estime qu'il n'y a pas eu faute du conducteur, il sous-entend alors qu'il y a un problème technique au niveau du constructeur", poursuit l'avocate. "Il désavoue donc complètement l'expertise qui avait été réalisée." Le parquet dispose de dix jours pour faire appel du jugement.
Le constructeur automobile Toyota se refuse à tout commentaire, a indiqué Philippe Boursereau, directeur de la communication de Toyota France.
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