Jacques Chirac, interrogé par TF1 le 22 novembre 2007 © TF1/LCIL'enquête sur la mystérieuse disparition en décembre 1997 du journaliste Jean-Pascal Couraud, alors qu'il travaillait sur d'éventuels transferts de fonds entre une grosse entreprise de Polynésie française et un compte qu'aurait détenu Jacques Chirac au Japon, va peut-être pouvoir avancer de nouveau. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a accepté le 22 décembre la déclassification de toute une série de document émanant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), a-t-on appris auprès de son service de presse mardi.
Le ministre a donc choisi de suivre l'avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) qui avait recommandé, dans un avis du 4 décembre, la déclassification de 11 documents, ainsi que la déclassification partielle de deux autres. Elle avait donné un avis défavorable à la déclassification de 13 autres documents. La CCSDN avait déjà émis le 2 octobre un premier avis favorable à la déclassification de 16 documents sur les 17 saisis le 4 juin au siège de la DGSE par le juge de Papeete Jean-François Redonnet, qui enquête sur la disparition du journaliste indépendant. Hervé Morin avait déjà suivi cet avis.
Tourtué puis noyé ?
Une lettre relatant les conditions de la disparition de Jean-Pacal Couraud, jamais élucidée, a été retrouvée en septembre lors d'une perquisition au domicile du sénateur ex-UMP Gaston Flosse, ont par ailleurs indiqué lundi à Tahiti les deux avocats de la famille Couraud. Selon ce courrier qui aurait été écrit par un homme soupçonné d'enlèvement du journaliste, Jean-Pascal Couraud aurait été torturé puis noyé.
Dans un communiqué, l'ex-homme fort de la Polynésie a estimé que l'évocation de son nom dans cette affaire relevait "d'affirmations tellement dérisoires que même l'autorité judiciaire n'a pas estimé nécessaire de me convoquer et de m'interroger à ce sujet". Assurant jouer un rôle "déterminant" dans les discussions en cours pour dégager une majorité dans le territoire, il estime, sans plus de précision, que cette position pousse "certaines autorités de l'Etat à manipuler sciemment des informations judiciaires pour faire barrage au consensus politique" local.
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