© AFPMercredi à la barre, Marc Cécillon n'a exprimé que des remords. S'adressant à sa famille, il a demandé pardon d'avoir tué sa femme, un soir d'août 2004, crime pour lequel il est jugé en appel. "Je voudrais m'adresser à mes filles et à ma belle-mère. Je regrette profondément le geste que j'ai fait. Ce n'était pas moi ce soir-là. J'aimais Chantal (sa femme), toute ma vie, je m'en voudrai, je sais que je vous ai fait mal, je ne serai plus jamais libre dans ma tête", a-t-il déclaré, la voix chevrotante. "Pardon d'avoir pu faire ça, j'espère qu'un jour je récupèrerais Céline (sa fille cadette), pas qu'elle m'excuse mais qu'on puisse au moins se retrouver", a-t-il ajouté.
Mercredi à la mi-journée, la cour avait achevé l'examen du dossier. Une quinzaine de témoins ont été entendus ainsi que des experts balistiques et légistes. A cette occasion, l'accusé a expliqué avoir mieux compris la portée de ses actes. "Quand je jouais au rugby, j'étais assisté en tout, dans mon couple, j'étais assisté aussi. Je me suis retrouvé dans une situation à laquelle je n'étais pas habitué, je n'avais pas la capacité de réfléchir", a expliqué l'ancien capitaine du XV de France. "Au fil du temps, j'ai appris à réfléchir, à comprendre ou tout du moins à essayer de comprendre", a-t-il ajouté.
"En tirant quatre fois, il ne lui a laissé aucune chance"
Mardi, sa plus jeune fille avait expliqué qu'elle ne pardonnerait jamais à son père et qu'elle ne lui rendrait jamais visite en détention. Me Xavier Rodamel, qui représente les filles de Marc et Chantal Cécillon ainsi que la mère de la victime, Marinette Chapuis, a expliqué lors de sa plaidoierie qu'il restait sur un "goût amer" à la fin de ce procès. "Ce qui prédomine, c'est le sentiment que Marc Cécillon s'apitoye sur son sort, cherchant à atténuer sa responsabilité. Non, Monsieur Cécillon, ce n'était pas un crime d'amour, un crime passionnel, c'était un crime d'orgueil", a-t-il fait valoir. "Face à la douleur des proches, à l'horreur des faits, la justice doit passer. En tirant quatre fois, il ne lui a laissé aucune chance", a-t-il conclu.
L'avocate des frères et soeurs de Chantal Cécillon, Me Catherine Bourgade, a elle insisté sur l'union des deux familles. "Il y a eu beaucoup de mal mais quelque chose a été préservé, les familles ont réussi ce grand écart-là, ça n'a pas de prix", a-t-elle souligné, estimant que retenir la préméditation à l'encontre de l'accusé ne changerait rien à la force des sentiments qui unissent les deux familles. L'avocat général a demandé la confirmation de la peine de 20 ans de réclusion criminelle prononcée en première instance. Le verdict est attendu mercredi soir
D'après agence
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