Techniciens et enquêteurs sur les lieux du sabotage d'un TGV, en novembre 2008 © TF1/LCIPrésenté comme le suspect n°1 dans l'enquête sur les sabotages de plusieurs lignes TGV, et comme l'instigateur des dommages, Julien Coupat est derrière les barreaux depuis la mi-novembre, de même que sa compagne, Yldune Lévy. L'affaire porte sur des dégâts commis dans la nuit du 7 au 8 novembre : des crochets constitués de fers à béton assemblés avaient été placés sur plusieurs caténaires. Un autre sabotage, le 26 octobre en Moselle avec une méthode identique, est aussi l'objet de l'enquête. Soupçonné d'appartenir à un groupe qualifié d'anarcho-autonome par les enquêteurs, Julien Coupat conteste les dégradations de caténaires qui lui sont reprochées. La remise en liberté du jeune homme de 34 ans, mis en examen pour direction d'une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste, avait été ordonnée le 19 décembre par un juge des libertés et de la détention, mais avait aussitôt été bloquée par un référé-détention pris par le parquet de Paris.
Mais Julien Coupat et son avocate n'ont pas baissé les bras et en ont appelé à la cour d'appel de Paris. Laquelle devait se prononcer en deux temps, avec une première décision de la présidente de la chambre de l'instruction, avant une réunion de cette même chambre en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs) pour statuer au fond. Mardi dernier, lors de la première étape de la procédure, la présidente s'était prononcée pour le maintien en détention, estimant que la procédure d'urgence du référé-détention pouvait se justifier dans le cadre de ce dossier de terrorisme. Ce vendredi, la chambre de l'instruction va devoir confirmer ou infirmer cette décision. Le parquet général a d'ores et déjà annoncé qu'il demanderait de nouveau le maintien en détention.
Une affaire "en dehors des lois"
Compte tenu des délais légaux, la cour d'appel devrait rendre son arrêt dans la journée, estime l'avocate de Coupat, Me Irène Terrel. "Je ne suis pas du tout pessimiste, Julien Coupat non plus. Il est très serein. Il s'expliquera tranquillement vendredi matin", avait-elle déclaré mardi à la presse. Selon elle, l'arrêt rendu mardi était "prévisible, compte tenu de la proximité de l'audience de vendredi". L'avocate fait valoir que Julien Coupat présente "des garanties de représentation et un casier judiciaire vierge". Le contrôle judiciaire prévu par le juge des libertés et de la détention comporte l'interdiction pour le mis en examen de quitter l'Ile-de-France et d'entrer en contact avec les autres personnes mises en cause dans le dossier ainsi que l'obligation de pointer à un commissariat, avait précisé l'avocate.
Moins optimiste, le père de Julien Coupat, Gérard Coupat, avait expliqué vendredi que son fils comme sa compagne "resteront en prison tant que le ministère de l'Intérieur ou les autres ministères décideront qu'il faut les garder". Il dénonce une affaire qui s'est déroulée "en dehors des lois : que ça soit la présomption d'innocence qui est la première règle de droit français, que ce soit la détention provisoire qui doit être exceptionnelle, tout ça n'a pas été respecté". A ce jour, des neuf mis en examen dans ce dossier, Coupat reste le seul avec sa compagne à être en détention, lui à la maison d'arrêt de la Santé, elle à Fleury Mérogis.
Me Steeve Montagne, avocat d'Yldune Lévy, poursuivie pour destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste, avait également déposé une demande de remise en liberté de sa cliente qui a été rejetée par un juge des libertés et de la détention au motif que la jeune femme n'a pas encore été interrogée par le juge d'instruction. Le magistrat a prévu de l'entendre le 8 janvier, selon l'avocat. "Si Coupat est remis en liberté, la détention de Yldune Lévy sera encore moins justifiable", estime le conseil qui compte déposer une nouvelle demande de remise en liberté pour sa cliente après son audition par le juge.
D'après agences
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