Deux ans avec sursis en appel pour Lydie Debaine

le 16 décembre 2008 à 18h53 , mis à jour le 16 décembre 2008 à 19h43

Acquittée en 1re instance, cette mère qui a reconnu avoir tué sa fille handicapée motrice cérébrale, a été condamnée mardi à 2 ans de prison avec sursis.

Anne-Marie DebaineAnne-Marie était handicapée motrice cérébrale © DR

Lydie Debaine, qui avait été acquittée en avril dernier par la Cour d'assises du Val-d'Oise, a finalement été condamnée en appel par la cour d'assises de Versailles à 2 ans d'emprisonnement avec sursis. Agée de 62 ans au moment des faits, cette mère a reconnu avoir tué en 2005 sa fille unique de 27 ans. L'avocat général avait requis une peine d'emprisonnement assortie dans sa totalité du sursis simple.

"C'est une grande déception", a déclaré l'avocate de Lydie Debaine. "Rien n'effacera la première décision. Lydie se souviendra toujours que des jurés l'avaient comprise", a-t-elle ajouté. "Aujourd'hui, il a cependant été acquis qu'elle a été une mère exemplaire et que ce qu'elle a fait, elle l'a fait par amour, la clémence du verdict le démontre", a-t-elle relevé. Lydie Debaine ne s'est pas exprimée à la sortie du tribunal. "Elle est épuisée", selon son avocate qui n'ira pas en cassation car "recommencer une troisième fois n'est pas envisageable". "Tous les problèmes de société restent posés", a conclu l'avocate.

"Seconde épreuve"
 
A la veille de son procès en appel, Lydie Debaine "se sent(ait) plus mal que lors du premier procès", avait dit son avocate. "Cette seconde épreuve ne lui semble pas insurmontable mais presque. C'est douloureux, sa fille lui manque terriblement mais elle ne regrette pas d'avoir abrégé ses souffrances". Lydie Debaine avait été acquittée en première instance alors que l'avocat général avait requis une "peine de principe" de trois ans de prison avec sursis. Le procureur général de Versailles avait fait appel du verdict.

Lydie Debaine est accusée d'avoir donné plusieurs cachets d'anxiolitiques à sa fille avant de la plonger dans une baignoire pour la noyer, le 14 mai 2005 à Groslay (Val d'Oise). Née prématurée avec une grave infirmité cérébrale, Anne-Marie était invalide à 90%. Elle avait été placée de 6 à 22 ans dans des centres spécialisés avant de revenir chez elle en 2001, faute de place dans une structure adaptée. A 27 ans, Anne-Marie avait l'âge mental d'un enfant de 5 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années de crises d'épilepsie, de violents maux de tête et de vomissements.

(D'après agence)

le 16 décembre 2008 à 18:53
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11 Commentaires

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  • Noémie, le 17/12/2008 à 10h11

    Je trouve la décision plutôt juste : il y a eu un crime donc il y a une condamnation. Ensuite il y avait des explications humaines ce qui fait que la mère ne fera pas sa peine de prison. On ne peut pas nier le crime car il a bien eu lieu. Mais il est certain que c'est la société qui a failli à son devoir de soutien aux personnes faibles et en difficulté qui est la plus à blâmer. Il faut absolument faire quelque chose pour ces personnes car se retrouver avec ses enfants infirmes à charge sans structure d'accueil n'est pas normal. A quoi bon vivre en société si ce n'est pas pour la solidarité ?

  • Lulu, le 17/12/2008 à 09h40

    La cour d'assises de versailles n'a donc pas autre chose à faire que d'emmerder une pauvre femme qui a certe donner la mort à sa fille complètement handicapée pire c'était un légume il est vrai qu'il faut beaucoup de courage pour un tel acte mais aussi de l'amour, ce sont les medecin et la justice qui aurait du aidé cette femme au lieu de l'incriminier ainsi , je qcrois qu'il y a assez de violeurs, voleurs,pédophiles assassins pour courir après et les mettre en justice messieurs les procureurs vous avez beaucoup de travail pourtant ,!!

  • Ma, le 17/12/2008 à 08h01

    Beaucoup de problèmes sont soulevés ici. Je reste contr ele geste de tuer, mais je ne juge pas cette maman qui ne connait pas la paix. Pourquoi en est elle arrivé là ? on vit dans un système ou les handicapés et leur famille ne sont absolument pas aider, on les marginalise au banc de la socièté, faut pas s'étonner que l'on en arrive là..

  • Jean Bonnot, le 17/12/2008 à 04h53

    L'avocate fait mine d'être déçue mais elle a bien eu raison de conseiller à sa cliente de faire appel : elle aura au moins gagné quelque argent.

  • Izou, le 17/12/2008 à 00h01

    Honte au procureur qui a fait appel du premier jugement ! N'a-t-il pas de coeur ce procureur grassement payé à prendre des décisions aussi stupides que cruelles. A quand la loi sur l'euthanasie pour libérer les gens de ce genre de drames inomables ?

  • Mary, le 16/12/2008 à 23h20

    C'est elle qui devrait attaquer l'État qui n'a rien fait pour soulager cette mère et sa fille !

  • GG, le 16/12/2008 à 21h45

    Je connais une femme de 40 ans qui a une fille handicapée (l'enfant ne parle pas et est totalement paralysée) je ne peux vous décrire le quotidien, la souffrance de part et d'autre je me dis seulement que si en pareil cas une mère prend la décision de fermer les yeux à ce qu'il y a de plus cher aux siens c'est plus notre société qui est à juger qu'une mère ... les handicapés qui ont "la chance' d'être en centre d'accueil ne sont plus acceptés à leur majorité et reviennent au domicile des parents quand ces parents deviennent vieux, ils n'arrivent plus à gérer et la vie devient un enfer

  • Marie, le 16/12/2008 à 20h30

    Inadmissible, que ces juges et ces jurés se mettent un peu à la place de cette femme qui pendant 27 ans à tout fait pour sa fille elle ne l'a pas tué par bonheur.Cette société qui se permet de la juger aujourd'hui elle était ou quand cette dame été seule pour s'occuper de sa fille 24h/24. Elle s'est emprisonnée toute seule car je crois qu'elle purge sa peine tous les jours depuis le décés de sa fille car je suis persuadée qu'elle l'aimé vraiment. Notre justice me fais vraiment honte, que des centres d'acceuil soient ouvert pour soulager toutes ces familles qui ont un enfants handicapé,

  • Nouchka13, le 16/12/2008 à 19h28

    Mais vous ne pouvez pas lui foutre la paix. Elle n'a jamais eu de vie, elle n'a pensé qu'à sa fille. Que serait devenue sa fille si elle était décédée en premier? Moi je revendique le droit à l'euthanasie j'ai vécu, je veux bien mourir mais je ne veux pas trainer ni pour moi et encore moins pour le mal que ça ferait à mes proche. Il est temps d'ouvrir les yeux.

  • Yves, le 16/12/2008 à 19h15

    La loi , invention humaine est loin d'etre parfaite , et ne possede pas de reponse "juste" appropriee a un cas comme celui la. Des lors qu'il ne fait aucun doute (le medecin suffit et ses connaissances sont bien superieures a celles de la Justice ) qu'il ne peut s'agir d'un crime ,il est imperatif de "sortir" la justice de ce cette affaire et de laisser les vrais decideurs decider .Enfin vous croyez qu' une condamnation quelle quelle soit aura un effet dissuasif ? vous voulez rire ( jaune)

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