Elle transmet le sida à son mari : 5 ans avec sursis

le 03 décembre 2008 à 21h39 , mis à jour le 03 décembre 2008 à 21h49

Aujourd'hui divorcé, le couple s'était marié en avril 1997 après avoir eu un enfant. Le mari affirme avoir découvert en août 1997 qu'il était atteint du sida.

procès justice tribunal © TF1-LCI

La cour d'assises du Loiret a condamné mercredi à cinq ans de prison avec sursis Christelle Grard, 39 ans, pour avoir contaminé son mari avec le virus du sida, ce qu'elle a nié durant les trois jours du procès. L'avocate générale, Jocelyne Amouroux, avait requis six à huit ans de prison ferme. Mais elle avait laissé la possibilité à la cour d'assortir la peine d'un sursis, auquel cas le maximum de la peine ne pouvait excéder cinq ans. L'accusée qui encourait 15 ans de réclusion criminelle, a indiqué qu'elle ne ferait pas appel.

La jeune femme, qui comparaissait libre, était jugée depuis lundi pour "administration de substance nuisible par conjoint ou concubin suivie de mutilation ou infirmité permanente". "Je vais pouvoir remonter, la maladie va être plus facile à vivre avec en plus mon fils à mes côtés. Mais c'est dur d'être déclarée coupable", a indiqué Christelle Grard, visiblement soulagée après le verdict. Elle a réaffirmé que son ex-mari, qui a porté plainte en 2002, "savait" sa maladie, ajoutant qu'elle ne "comprend pas cette méchanceté, cette vengeance". "Mme Grard a eu des relations non protégées avec M. Thellier qui allait devenir son mari. Elle a agi en connaissance de sa maladie. Elle a caché délibérément sa séropositivité qu'elle savait depuis 1991", avait déclaré l'avocate générale dans son réquisitoire.

"Une reconnaissance de la vérité"

Alors que le couple, aujourd'hui divorcé, se connaissait depuis 1995 et s'était marié en avril 1997 après avoir eu un enfant, le mari, militaire, affirme avoir découvert en août 1997 qu'il était atteint du sida, à l'issue d'examens au retour d'une mission au Cameroun. Leur fils, âgé de 11 ans, est lui séronégatif. "Mon client est satisfait de la décision rendue", a déclaré Me Olivier Dersoir, un des conseils de M. Thellier. "Mon client ne souhaite pas l'incarcération de son ex-épouse. Il veut une reconnaissance de la vérité", avait-il indiqué durant le procès.

L'ex-mari, grand, mince, visage émacié, cheveux court, a expliqué devant la cour avoir porté plainte non pas "par haine" ni par "esprit de vengeance" mais parce qu'il ne voulait pas être accusé "d'être à l'origine de la contamination" de son ex-épouse. Pleurant souvent, Christelle Grard a toujours affirmé qu'elle avait "rapidement informé son compagnon de sa séropositivité". La jeune femme, vivant en Haute-Savoie et qui pense avoir été contaminée lors d'une transfusion sanguine pour une opération chirurgicale, pèse aujourd'hui 35 kg et est soignée pour une dépression.

Le juge d'instruction avait initialement rendu une ordonnance de non lieu en évoquant "la tardiveté du dépôt de la plainte", cinq ans après les faits, et "l'impossibilité de situer la date de contamination". M. Thellier avait fait appel et la chambre de l'instruction avait décidé en novembre 2007 du renvoi de l'affaire devant la cour d'assises du Loiret.

(D'après agence)

le 03 décembre 2008 à 21:39
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1 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 04/12/2008 à 06h10

    "L'accusée qui encourait 15 ans de réclusion criminelle, a indiqué qu'elle ne ferait pas appel.". Quand on est condamné à rien du tout, on ne prend pas le risque de faire appel pour être condamné à quelque chose. Pour désengorger les tribunaux, la bonne méthode est de condamner à des peines avec sursis et de menacer de ne pas accorder le sursis en appel. Ainsi personne ne fera appel.

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