Le père de l'enfant oublié dans une voitureLe père qui avait oublié son fils de deux ans et demi dans sa voiture au soleil, entraînant sa mort en juillet à Pont-de-Chéruy, en Isère, a été condamné jeudi à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Vienne. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République à l'encontre de ce pharmacien de 38 ans, qui était présent à l'audience mardi mais pas au délibéré jeudi.
"L'homicide involontaire est constitué mais vous devez prendre une décision empreinte d'humanité et je vous demande d'adresser un message de compréhension au père, non pas de cette faute, mais de sa douleur", avait demandé le magistrat au tribunal. Le 15 juillet, l'enfant était décédé après avoir été abandonné plusieurs heures dans la voiture par son père, qui avait expliqué avoir oublié son fils après avoir été témoin d'un délit de fuite lors d'un accident de la circulation. "Ce procès ne peut réparer l'irréparable mais il peut avoir une finalité pour la collectivité", avait également souligné le magistrat, ajoutant que si, "humainement", le passage de la justice "aurait pu être épargné aux parents", l'affaire "ne pouvait pas faire l'objet d'un banal classement".
"Déjà condamné à une peine à vie"
Le 15 juillet, le pharmacien, qui devait déposer son fils chez sa belle-mère vers 14h30 avant d'aller au travail, a été témoin d'un accrochage entre deux voitures, dont l'une avait pris la fuite.
Relevant le numéro d'immatriculation du fuyard, il s'était garé devant sa pharmacie, avant de retourner sur les lieux de l'accident, puis de rentrer dans son officine, oubliant Yannis, 2 ans et demi, dans sa voiture. Une passante avait alerté les secours vers 17h alors que l'enfant était inerte dans le véhicule. Selon le procureur, l'enfant ne respirait plus depuis un bon moment et sa température était de 41,2°C.
Ce drame "peut arriver à tout le monde et ça nous conduit à être extrêmement modestes", avait plaidé pour la défense Me Thierry Monot, soulignant qu'avec la mort de son fils, son client était "déjà condamné à une peine à vie". "Il faut avoir la modestie de dire que cet enchaînement de circonstances aurait pu nous frapper nous", a-t-il dit, réclamant une "appréciation la plus compatissante". "Avec un père distant avec son enfant ça aurait été plus simple, mais il était une priorité de sa vie de tous les jours", avait ajouté l'avocat.
D'après agence
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