© AFP/J.GuezD'après nos informations confirmées ensuite par le parquet de Paris, l'ancien préfet du Var Jean-Charles Marchiani, incarcéré depuis le 26 mai à la prison parisienne de la Santé pour trafic d'influence, figure dans liste des 27 détenus "au comportement exemplaire" qui vont bénéficier d'une grâce présidentielle. Une liste signée par le président Sarkozy avant son départ pour le Brésil. "Pour certains détenus, cette grâce partielle leur permettra d'arriver à la moitié de leur peine et donc de faire une demande de libération conditionnelle. Mais ce n'est pas automatique, c'est la justice qui décidera", a indiqué l'Elysée.
C'est en tous cas le cas de Jean-Charles Marchiani. Il bénéficiera d'une grâce partielle déduisant six mois des trois ans de prison ferme auxquels il a été condamné (pour deux dossiers où il a été déclaré coupable de "trafic d'influence par personne dépositaire de l'autorité publique"). Avec cette remise de peine, la peine de Marchiani 65 ans, doit s'achever en théorie le 6 octobre 2009 mais des aménagements de peine peuvent être envisagés et une demande de libération conditionnelle peut d'ores et déjà être déposée. Selon nos informations, l'ex-préfet du Var peut en effet espérer sortir de prison à la mi-janvier. Marchiani est en outre jugé depuis octobre dans le procès des ventes d'armes à l'Angola, aux côtés de 41 autres prévenus. Il encourt une nouvelle peine de prison ferme. Le jugement dans l'"Angolagate" doit être rendu à l'automne 2009.
Personnage polémique
Cette grâce intervient au titre du service rendu à la Nation, l'ancien homme de confiance du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua ayant joué un rôle dans la libération des otages français du Liban en 1988. Quatre des anciens otages avaient lancé en mai un appel à Nicolas Sarkozy pour qu'il gracie leur "libérateur". Le député socialiste Arnaud Montebourg a estimé sur Europe 1 que cette grâce "s'appelle une reconstitution des privilèges" et une "atteinte à l'autorité de la chose jugée". Réponse de l'UMP : la décision de Nicolas Sarkozy est un "choix juste et humain", a estimé le porte-parole du parti majoritaire Frédéric Lefebvre, "contrairement à la gauche qui a souvent pris la responsabilité de libérer à l'aveugle des prisonniers". "Il n'y a pas eu de décision spécifique concernant Jean-Charles Marchiani. Le président de la République n'a pas pris la décision de l'élargir. C'est la justice qui se prononcera", a insisté l'Elysée.
Alors que la rumeur d'une telle grâce courait il y a deux semaines, la CGT pénitentiaire s'en était indignée, parlant de libération "en catimini". A l'Elysée, on avait alors répondu que "le président de la République a(vait) demandé des propositions au garde des Sceaux" en vue de faire bénéficier à une quarantaine de détenus d'une grâce individuelle avant la fin de l'année. Parmi les critères choisis, Nicolas Sarkozy avait évoqué "une détermination hors du commun à suivre une formation professionnelle", "la preuve d'un courage ou d'une solidarité exemplaire" ou un effort pour "indemniser significativement leurs victimes", dans un courrier à Rachida Dati du 28 novembre.
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