Lors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCI |
La cour d'appel de Paris a ordonné mardi la remise en liberté de trois personnes, et non quatre comme annoncé initiallement, écrouées depuis le 15 novembre dernier dans l'enquête sur le sabotage de plusieurs lignes de TGV. Les trois magistrats de la chambre de l'instruction ont en revanche refusé la libération des deux autres suspects écroués, le supposé leader du groupe Julien Coupat et sa compagne. Le parquet général avait requis vendredi dernier le maintien en détention des cinq suspects.
"C'est une victoire relative, il y a deux personnes qui restent en détention", a rappelé leur avocate Me Irène Terrel. "C'est un premier pas, c'est quand même un désaveu assez radical de toute cette procédure", a-t-elle ajouté, estimant que la justice avait été "soumise à une pression infernale" et que les jeunes avaient été "traités de terroristes et salis dans toute une série de médias". "Le combat continue", ont lancé pour leur les parents de Julien Coupat, très marqués par le maintien en détention de leur fils qu'ils n'ont pas vu depuis son interpellation le 11 novembre.
Leur but ? Créer le désordre
Au total, cinq femmes et quatre hommes, âgés de 22 à 34 ans, soupçonnés d'appartenir à un groupuscule d'ultra-gauche, sont mis en examen dans l'enquête sur le sabotage de caténaires de plusieurs lignes TGV avec des fers à béton, le 7 novembre. Parmi les neuf suspects, une personne a été mise en examen pour destructions en réunion et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Deux sont poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Julien Coupat a lui été mis en examen pour direction d'une structure à vocation terroriste. Quatre personnes avaient déjà été laissés libres sous contrôle judiciaire, et ce, dès le 15 novembre.
Selon la police, le but du groupuscule aurait été de créer un désordre dans le pays pour favoriser l'émergence des mouvements sociaux. Depuis la mise en examen des neuf suspects, une trentaine d'intellectuels, des personnalités de gauche et d'extrême-gauche et les habitants du village corrézien de Tarnac, où résidaient la plupart des suspects, ont lancé une campagne de soutien. Ils protestent contre les méthodes utilisées et réfutent l'utilisation de la qualification terroriste contre les suspects. L'accusation dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, mais reconnaît n'avoir aucune preuve formelle.
(D'après agence)
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