Le dossier du jeune accusé de caillassage a disparu

le 10 décembre 2008 à 14h13 , mis à jour le 10 décembre 2008 à 14h27

Abdoulaye Fofana, victime de violences policières après avoir été interpellé à son domicile, devait comparaître mercredi pour caillassage. Mais son dossier est introuvable...

Image d'archives/LCIImage d'archives © LCI

Le jeune de Montfermeil frappé le 14 octobre par la police lors d'une interpellation filmée par un témoin, et accusé d'avoir caillassé une voiture de police, n'est plus, à ce jour, poursuivi pour "violences aggravées" : le dossier a disparu et le tribunal n'est plus saisi. En révélant mercredi, plutôt gêné, que l'original de la procédure visant Abdoulaye Fofana, 20 ans, était introuvable au greffe du tribunal de Bobigny, le substitut du procureur Quentin Dandoy a annoncé son intention "d'ouvrir une information judiciaire pour les faits de violences aggravées reprochés à Abdoulaye Fofana" lors d'une soirée très agitée à la cité des Bosquets. "Suites il y aura", "il est hors de question d'envisager un classement", a-t-il souligné.

L'information judiciaire à venir sera jointe à la première information ouverte le 22 octobre par le parquet de Bobigny pour les violences aggravées reprochées cette fois à deux policiers du commissariat de Gagny, mis en examen le même jour. Relevant une "connexité importante" entre les deux affaires, le procureur a rappelé que la défense de Abdoulaye Fofana contestait les conditions dans lesquelles cet étudiant en 2e année de BTS au casier vierge a été interpellé.

"Etonnant" qu'un dossier "aussi sensible" se perde

Mais loin de se réjouir, l'avocat du jeune, Me Yassine Bouzrou, a demandé en vain que le tribunal passe sur cet aléas et "que l'audience se tienne" : "Abdoulaye Fofana s'est présenté. Il veut se défendre. Il conteste tout de cette interpellation rocambolesque". S'exprimant ensuite devant la presse, l'avocat s'est interrogé : "Ça peut-être une erreur, une négligence" mais "c'est étonnant" qu'un dossier "aussi sensible" se perde, "on va devoir attendre des mois", "c'est dommage, on avait une expertise très bonne pour nous". Quant au jeune qui devait être poursuivi, il n'a pas souhaité s'exprimer. Sa famille a trouvé "bizarre" la disparition.

Accusé d'avoir lancé un pavé sur un véhicule de police, ce fameux 14 octobre vers 21 heures, Abdoulaye Fofana affirme avoir passé la soirée à regarder le match de football France-Tunisie avec des amis et sa famille. Plusieurs policiers racontent pour leur part l'avoir poursuivi depuis le bas de son immeuble à 22 heures et rattrapé sur son palier. Un policier, l'un des deux mis en examen, l'a identifié formellement comme étant son caillasseur. Lors de l'interpellation, ce policier s'est blessé au pouce et s'est vu attribuer 30 jours d'incapacité totale de travail.

Les policiers ont-ils (illégalement à cette heure) enfoncé la porte, comme les accuse le jeune, ou est-ce Abdoulaye Fofana qui a donné un violent coup d'épaule, comme l'affirment les policiers ? L'enquête devra éclaircir ce point. Selon l'expertise évoquée par Me Bouzrou, la porte pouvait être ouverte par un coup de pied car la gâche était déjà dégradée mais un fort coup d'épaule n'aurait pas suffi à la casser. Si quelques minutes plus tard, un voisin d'immeuble réalisateur a filmé les coups de matraque et de crosse de flash-ball portés au jeune menotté (qui s'est vu prescrire, pour sa part, 2 jours d'ITT), en revanche sur le palier, aucune caméra ne tournait.

D'après agence

le 10 décembre 2008 à 14:13
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