Image d'archives © AbacapressLe parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des "détournements apparemment à des fins personnelles" aux dépens de deux associations, Les Parrains de SOS-Racisme et la Fédération indépendante démocratique et lycéenne, la Fidl. Dans le cadre de cette enquête, plusieurs perquisitions ont eu lieu vendredi matin aux sièges des deux associations, mais aussi au domicile de Julien Dray et dans la soirée au bureau de l'élu à l'Assemblée nationale.
Le député socialiste de l'Essonne "n'a opposé aucune résistance à cette opération de police dans la mesure où il n'a absolument rien à se reprocher", a déclaré son avocat, Léon-Lef Forster qui, à l'issue de la perquisition de vendredi matin, a assuré qu'"aucun élément suspect n'a été saisi". "A la lecture de ces mouvements de fonds, des explications claires et vérifiables apparaîtront que les services de police pourront vérifier", a assuré l'avocat en fin d'après-midi. "Julien Dray est d'une sérénité totale. Selon lui, il sera facilement vérifiable qu'il n'a rien à se reprocher." De son côté, l'avocat de SOS-Racisme, Dominique Tricaud, nie toute malversation de la part de son client et dénonce une manipulation politique.
Plus de 350.000 euros
L'enquête a été ouverte le 10 décembre pour abus de confiance à la suite d'un signalement le 28 novembre de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, portant sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l'association les Parrains de SOS-Racisme, de l'organisation lycéenne Fidl ou encore de salariés de SOS Racisme depuis janvier 2006. Une partie de ces sommes aurait été versée au bénéfice de Julien Dray, affirme Le Monde qui explique que "selon les enquêteurs, les flux suspects au préjudice de la FIDL, mais aussi des Parrains de SOS-Racisme, se montent à 351 027 euros".
Ainsi, selon le quotidien, l'attachée de presse de Julien Dray ainsi que de SOS-Racisme, Nathalie Fortis, et le directeur administratif et financier de l'association, tous deux mandataires d'un compte de la Fidl, auraient encaissé des chèques pour plus de 120.000 euros des comptes des associations. Quelques jours après, "ils auraient émis des chèques en faveur du député Julien Dray, pour plus de 102.000 euros", ajoute le quotidien sur son site. Les enquêteurs s'intéressent également à des sommes provenant de particuliers "actifs dans les sphères socio-économiques" au bénéfice notamment de Julien Dray. L'un d'entre eux a par la suite obtenu un marché public en Ile-de-France, dont Julien Dray est vice-président de région, rapporte encore Le Monde.
La prochaine "prise" de Sarkozy ?
Contacté par LCI.fr, un membre de la direction du PS se dit "surpris par cette affaire". "Le fait que l'association Les Parrains de SOS-Racisme apparaisse dans l'enquête ne me semble pas anormal car il peut y avoir des factures à régler, et des allers-retours d'argent normaux. En revanche, que la Fidl soit citée dans cette enquête, cela me parait plus compliqué. (...) Le timing avec les manifs lycéennes ne peut manquer de susciter quelques interrogations".
Après une campagne interne perdue aux cotés de Ségolène Royal, cette affaire tombe mal pour Julien Dray. Il était déjà marginalisé au sein du PS, à tel point que certains des ses camarades le voyaient comme la prochaine "prise" de Nicolas Sarkozy, lors du prochain remaniement. Le député de l'Essonne n'a jamais caché son rêve de devenir ministre de l'Intérieur et selon nos informations, l'Elysée le comptait dans sa "short-list". L'enquête qui s'est ouverte semble mettre provisoirement fin à cette éventualité.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





