Jean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe © TF1-LCILe cofondateur d'Action Directe restera derrière les barreaux. La cour d'appel de Paris a refusé jeudi de rendre sa semi-liberté à Jean-Marc Rouillan. La chambre d'application des peines de la cour d'appel a confirmé la révocation de la mesure de semi liberté décidée en première instance le 16 octobre dernier. Ce régime qui lui avait été retiré en octobre à la suite d'une interview controversée à L'Express. "Sous réserve d'un accord de notre client, nous formons un pourvoi" en cassation, ont déclaré les avocats de Jean-Marc Rouillan.
Des tracts signés Action directe envoyés à 16 commissariats
Seize commissariats et postes de police des Hauts-de-Seine ont reçu depuis vendredi des tracts signés Action Directe, annonçant la réactivation de ce groupuscule armé d'extrême gauche.
Publié le 01/03/2011
Dans l'interview du 2 octobre, interrogé sur d'éventuels regrets sur ces actes, il avait répondu : "je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".
Il passait ses nuits et week-ends en prison
L'interview à l'Express "ne concerne qu'en toute petite partie les faits qu'il ne pouvait pas évoquer", souligne l'arrêt rendu jeudi. Mais les réponses de Rouillan ne peuvent apparaître pour les victimes "que comme l'expression publique de son opinion sur le crime commis", poursuit-il. Le 27 novembre dernier, lors de l'audience d'appel, le parquet général de Paris s'était déclaré opposé à ce que la semi-liberté soit rendue à Jean-Marc Rouillan, que le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, était venu soutenir en dénonçant un "acharnement judiciaire".
Comme Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron (décédée en 2006), Jean-Marc Rouillan a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement, René Audran, en 1985. Ces condamnations ont été assorties d'une peine de sûreté de 18 ans et, après plusieurs demandes, Jean-Marc Rouillan bénéficiait depuis décembre 2007 de la semi-liberté, régime intermédiaire obligatoire d'une durée d'un an avant la libération conditionnelle. Il travaillait pour l'éditeur marseillais Agone mais passait ses nuits et ses week-ends à la prison des Baumettes.
D'après agence
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