Sentier II : le sort de la Société générale fixé aujourd'hui

le 11 décembre 2008 à 06h00 , mis à jour le 10 décembre 2008 à 17h19

La Société générale et son président Daniel Bouton connaîtront ce jeudi le sort que leur réservent les juges dans l'affaire de blanchiment dite du "Sentier II". Le parquet avait requis une relaxe en leur faveur.

Société Générale

C'est la fin d'un procès fleuve : cinq mois d'audiences, 151 prévenus dont quatre banques, deux journées de réquisitoire et sans doute un jugement très volumineux que s'apprête à rendre ce jeudi les juges de la 11e chambre correctionnelle de Paris. Les magistrats vont devoir faire la part des responsabilités entre les dirigeants d'une myriade d'entreprises et d'associations soupçonnés de s'être livrés de 1996 à 2001 à un vaste trafic de chèques et de sommes en espèces entre la France et Israël. Les juges devront également dire si quatre banques - Société Générale, Barclays-France, Société marseillaise de crédit et Banque nationale du Pakistan - par lesquelles ont transité des sommes issues de diverses malversations (abus de biens sociaux, abus de confiance, fraude fiscale, détournements de dons, chèques volés) ont apporté leur concours au blanchiment.
  
En tout, 210 millions de francs (32 millions d'euros) auraient circulé de 1998 à 2001 sur huit comptes détenus à la Société Générale par sept associations ou entreprises. Alors que le magistrat instructeur avait estimé que les banques avaient connaissance de l'origine frauduleuse des sommes en cause, le parquet a au contraire considéré que cet "élément intentionnel" ne pouvait être imputé à la SG et à la Barclays et a requis une relaxe. Le parquet s'en est rapporté au jugement du tribunal concernant la responsabilité de la Société marseillaise de crédit. Il a requis une amende de 200.000 euros à l'encontre de la Banque nationale du Pakistan.
  
L'affaire avait été révélée par l'enquête sur l'affaire dite du "Sentier", un vaste réseau d'escroquerie dans le quartier parisien de la confection au préjudice de banques et d'assurances au milieu des années 90. Un procès avait abouti en 2004 à la condamnation de 85 personnes, dont certaines figurent dans cette nouvelle affaire.

le 11 décembre 2008 à 06:00
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