© INTERNELe 16 octobre 1984, le corps sans vie de Gregory Villemin, 4 ans, est retrouvé dans la Vologne, pieds et mains liés, à quelques kilomètres du domicile familial de Lépanges (Vosges). Un mystérieux corbeau qui envoyait depuis 1981 des lettres anonymes à ses parents, Jean-Marie et Christine Villemin, revendique l'assassinat. Après de nombreux rebondissements et une dérive médiatico-judiciaire sans précédent, ni l'assassin, du petit Grégory ni le corbeau n'ont été identifiés. Si aucun nouvel élément n'intervient, ce dossier criminel sera prescrit en 2011.
Vengeance familiale
L'instruction est confiée au juge Jean-Michel Lambert, jeune magistrat d'Epinal, qui privilégie la piste de l'entourage familial. Le 5 novembre, le cousin du père de Gregory, Bernard Laroche, est inculpé et écroué après le témoignage accablant de sa belle-sœur, Muriel Bolle. L'adolescente se rétracte et il est libéré le 4 février 1985. La gendarmerie est dessaisie du dossier au profit de la PJ de Nancy.
La thèse de la mère infanticide
A la suite d'expertises graphologiques, l'enquête s'oriente vers la mère du petit garçon. Le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin abat d'un coup de fusil Bernard Laroche, le considérant comme le meurtrier, et se constitue prisonnier. Il restera en détention provisoire jusqu'au 24 décembre 1987, date à laquelle il est mis en liberté surveillée.
Le 5 juillet 1985, Christine Villemin, enceinte, est inculpée de l'assassinat de son fils. Après 10 jours de prison et une grève de la faim, elle est libérée et placée sous contrôle judiciaire. Elle obtiendra un non-lieu devant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon, le 3 février 1993. Elle est acquittée et réhabilitée de façon catégorique.
Jean-Marie Villemin est condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis le 13 décembre 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche. Il est libéré le 30 décembre en ayant purgé 34 mois de détention.
Les progrès de l'expertise génétique
Le 14 juin 2000, à la demande des avocats du couple Villemin, l'enquête est rouverte afin de procéder à des analyses génétiques sur le timbre d'une lettre du corbeau. En octobre, les experts déclarent l'ADN inexploitable. En février 2004, le corps de Gregory a été exhumé et incinéré à la demande de ses parents. Le 11 avril 2004, l'instruction est officiellement clôturée.
Le 28 juin 2004, la cour d'appel de Paris condamne l'Etat français pour dysfonctionnement du service public de la justice. Les époux Villemin reçoivent 70 000 euros d'indemnisation pour « faute lourde ». Ils vivent actuellement dans l'Essonne et ont trois enfants.
Mais grâce aux progrès de la biologie moléculaire, une nouvelle recherche d'ADN peut-être envisagée sur plusieurs scellés. Sur leur requête, le parquet général de Dijon est saisi en vue d'une réouverture de l'instruction. La justice doit se prononcer ce 3 décembre 2008.
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