Image d'archivesLa cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi à Bobigny Moussa Kouissi, 29 ans, ex-compagnon de la chanteuse Amel Bent, à 15 années de réclusion criminelle pour l'assassinat de Moustapha Bouhani, 29 ans, père de deux enfants en bas âge, le 16 avril 2006 à Pantin. 20 ans de réclusion avaient été requis contre l'accusé, 5 ans contre son neveu, Mehdi Guechtoum, 25 ans, qui niait avoir porté des coups de pied à la tête de la victime agonisante aux mots de "crève bâtard", et qui a été condamné à 3 ans de prison pour "violences", en état de récidive. Ce dernier, qui avait fait 9 mois de détention provisoire et comparaissait libre, est sorti menotté de la salle d'audience.
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Publié le 06/08/2010
L'énoncé du verdict, rendu après trois heures de délibéré, n'a pas été accompagné de manifestations bruyantes. Une vingtaine de policiers encadraient les bancs où une cinquantaine de proches avaient pris place. Le 16 avril 2006, en pleine rue, vers 15h30, Moustapha Bouhani avait été atteint à l'abdomen et au thorax de deux balles tirées à faible distance (1,50m) par Moussa Kouissi. Une heure avant, une bagarre avait éclaté entre les deux hommes qui, selon leurs proches, se craignaient mutuellement depuis plusieurs mois en raison d'une créance que la victime ne remboursait pas.
"J'ai tiré par panique"
S'il a toujours reconnu les faits (il avait attendu la police sur place), l'accusé a affirmé n'avoir pas tiré dans l'intention de tuer. Jeudi, au 1er jour du procès, il avait en effet déclaré avoir tué dans la "panique", après une première bagarre. "Il a fait un geste pour saisir mon arme (...) j'ai tiré par panique", avait dit l'accusé au crâne rasé et au visage émacié, aujourd'hui séparé de la chanteuse de variétés lancée en 2004 par l'émission de M6 "La nouvelle star", qui n'était pas présente.
S'exprimant toujours posément, cet ex-basketteur de bon niveau et animateur jeunesse de la ville de Pantin (Seine-Saint-Denis), sans casier judiciaire, niait avoir eu l'intention de tuer Moustapha, qui l'avait le jour même "agressé" en déchargeant sur lui son pistolet à impulsions électriques Taser.
Une mystérieuse dette
Ce 16 avril 2006, "j'ai vu deux cow-boys", avait de son côté témoigné une habitante de la rue théâtre des deux altercations. Après avoir été paralysé par le Taser, Moussa était rentré chez lui. Il était revenu avec un pistolet 11,43 qu'il avait acquis quelques jours avant "pour se protéger". "Je voulais lui faire peur", "lui dire ses quatre vérités", a assuré Moussa. Il a reconnu trois tirs à faible distance (1,50m), dont deux ont atteint la victime, à l'abdomen et au thorax. Selon l'expert en balistique, la balle mortelle est entrée par le dos.
Depuis plusieurs mois, une mystérieuse dette contractée par la victime auprès de Moussa envenimait les relations entre les deux hommes. Selon l'accusé, il s'agissait de 1.000 euros provenant de la vente d'un scooter, dont l'existence n'a pas été établie. Selon la veuve, Moustapha avait reçu de Moussa un prêt de "40.000 euros" à sa sortie de prison, où il avait été incarcéré pour une affaire de stupéfiants. Moussa "pensait que mon mari aurait pu reprendre des activités de trafic pour le rembourser" mais "il s'était vraiment rangé" et "on ne pouvait pas le rembourser", a-t-elle déclaré, reprochant à l'accusé de salir son mari pour "défendre sa peau". La soeur du principal accusé, et mère du second, avait pour sa part fait état de menaces de mort proférées au tribunal par un proche de la victime, mais contestées par ce dernier.
(D'après agence)
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