Un procès qui ravive les blessures de l'enseignante

le 20 janvier 2009 à 06h00 , mis à jour le 20 janvier 2009 à 13h28

Le procès en appel de Kévani Wansale, condamné il y a un an à 13 ans de prison pour avoir poignardé en plein cours sa prof, Karen Montet-Toutain, s'est ouvert mardi aux assises de Paris.

Karen Montet-Toutain, l'enseignante agressée en décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'EtampesKaren Montet-Toutain, l'enseignante agressée en décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'Etampes © TF1/LCI

Le procès en appel de Kévani Wansale, condamné à 13 ans de réclusion pour avoir poignardé en plein cours son enseignante, Karen Montet-Toutain, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris. "Je me sens comme une partie civile qui va affronter le procès en appel de son agresseur, (...), qui subit la pression médiatique et la réouverture d'un dossier et des blessures", a témoigné la jeune femme, avant de pénétrer dans la salle d'audience.

Le 1er mars 2008, la cour d'assises de l'Essonne avait jugé que Kévani Wansale s'était bien rendu coupable, le 16 décembre 2005, d'une tentative d'assassinat sur son professeur principal au lycée Louis-Blériot d'Etampes (Essonne), en lui portant plusieurs coups de couteau. La veille des faits, l'enseignante avait convoqué la mère du jeune homme, aujourd'hui âgé de 21 ans, pour évoquer des problèmes de discipline et une exclusion temporaire de l'établissement la semaine précédente.
  
L'Etat déjà condamné

La mère, décrite comme autoritaire et envahissante, avait menacé son fils de le renvoyer du domicile familial. L'élève de BEP-vente n'avait vu sa victime qu'à trois ou quatre reprises avant son geste, commis devant "30 témoins". Les jurés avaient finalement retenu la préméditation. Dans son réquisitoire, l'avocate générale, Karine Vermès, avait estimé que la "volonté de tuer" apparaissait comme une "évidence", de même que la préméditation. Elle avait rappelé les déclarations de Kévani Wansale rapportées par des camarades de classe, selon lesquelles il projetait de "faire un truc de ouf", et de "schlapper" (planter, ndlr) son professeur principal.

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, l'accusé avait présenté ses excuses à l'enseignante. "Je vous demande pardon. Je sais que je vous ai fait beaucoup de mal. Je regrette tous les jours, ça ne me quitte pas", avait-il déclaré. Il a depuis fait appel, tout comme le parquet général, qui a déposé un appel incident. Cet appel du parquet permet à la cour d'assises d'appel d'éventuellement aggraver la sanction prononcée en première instance.
  
Dans un autre volet, l'Etat français a été condamné en décembre par le tribunal administratif de Versailles à verser 15.000 euros à l'enseignante poignardée pour préjudice moral. L'avocat de l'enseignante, Me Koffi Senah, avait alors estimé que par cette décision, la justice administrative avait reconnu implicitement que "l'indifférence" de la hiérarchie de l'enseignante à ses "appels au secours" avant l'agression avait constitué une "faute". Dans les mois précédant l'agression, la jeune femme avait en effet alerté sa hiérarchie de plusieurs incidents, impliquant d'autres élèves que son agresseur. Mme Montet-Toutain, 30 ans, est actuellement en arrêt maladie, car son état n'est pas consolidé, tant sur le plan psychologique que physique.

D'après agence 

le 20 janvier 2009 à 06:00
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