Hormones de croissance © LCI 
La colère après la relaxe générale
Face à la colère et au choc des parties civiles, le parquet a décidé d'agir vite. Dès mercredi soir, quelques heures seulement après l'annonce de la relaxe générale au procès des hormones de croissance (lire notre article), le procureur de la République de Paris a annoncé avoir décidé de faire appel de trois des six relaxes prononcées en faveur de six médecins et pharmaciens.
L'appel concerne l'ancien responsable d'un laboratoire de l'Institut Pasteur, Fernand Dray, l'ex-chef de service à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) Marc Mollet, et la pédiatre Elisabeth Mugnier, qui étaient poursuivis pour "homicides et blessures volontaires et tromperies aggravées", précise le parquet. Ce sont les trois prévenus dédouanés de toute responsabilité pénale pour lesquels le procureur avait réclamé des peines, toutes assorties de sursis, respectivement de quatre ans, deux ans et un an d'emprisonnement.
A l'annonce de la relaxe des six médecins et pharmaciens accusés d'avoir provoqué par "négligence", dans les années 1980, la mort d'une centaine de jeunes traités à l'hormone de croissance, les avocats des parties civiles avaient annoncé qu'ils demanderaient à la ministre de la Justice Rachida Dati "qu'elle ordonne au procureur de faire appel".
"C'est une deuxième mort que l'on vit"'
"Compte tenu de la multiplicité des fautes énoncées au procès, je crois qu'il sera extrêmement difficile pour les victimes et pour l'opinion publique française de comprendre ce genre de décision", a affirmé à la sortie du palais de justice l'un des avocats des parties civiles, Me Fau. "Il y a là quelque chose qui pour l'instant ne peut pas être admis par les victimes". Jeanne Goerrian, présidente de l'AVHC, a estimé que la justice avait "tué une nouvelle fois toutes ces victimes". "C'est une deuxième mort que l'on vit, c'est terrible pour des parents, je crois qu'il n'y a pas d'égalité dans la justice", avait-elle ajouté.
Pour l'Association française des transfusés (AFT), cette relaxe générale constitue un nouveau "mépris insupportable" pour les victimes après l'affaire du sang contaminé. "Par deux fois, les victimes de faits accablants et le très important travail d'instruction judiciaire qui a établi ces derniers, ont été traités avec un mépris insupportable", dénonce Olivier Duplessis, président de l'AFT, dans un communiqué. Me François Honnorat, avocat d'une dizaine de victimes de l'hormone de croissance, a qualifié d'"absurde" et "socialement dangereuse" cette relaxe.
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