© TF1-LCI"On sait très bien de quel côté je penche, à gauche, et donc c'était pour casser un peu Jean Sarkozy, sa réputation de petit jeune qui suit les traces de papa. Ce que je voulais dénoncer dans ma rubrique, c'était l'arrivisme de Jean Sarkozy". Mardi à la barre, Maurice Sinet, alias Siné, 80 ans, dont les propos sur Jean Sarkozy lui valent de comparaître devant le tribunal correctionnel de Lyon, avait tenté de se justifier. Des justifications semble-t-il entendues par le parquet, qui a requis mercredi la relaxe du dessinateur, jugé pour "incitation à la haine raciale", après la publication d'une chronique le 2 juillet dans Charlie Hebdo, dans laquelle Siné ironisait sur l'éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty.
"La lecture de ces chroniques, on ne peut pas la faire en faisant abstraction de l'hebdomadaire dans laquelle elles ont été publiées. Charlie Hebdo est un journal satirique, on est sur le terrain de la provocation", a déclaré dans son réquisitoire le procureur Bernard Reynaud. L'audience de mercredi a également été marquée par un malaise du dessinateur. Soigné sur place, celui-ci a ensuite pu regagner son domicile.
"Un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas"
Après la publication de cette chronique, une plainte avait été déposée par la Licra pour "incitation à la haine raciale" contre le dessinateur. "Il y a ce lien d'une phrase à l'autre, même pas séparées par quatre lignes, entre la réussite, l'argent et la conversion au judaïsme. C'est ambigu mais je ne dis pas que c'est antisémite", avait déclaré mardi à l'audience le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Philippe Val. Au cours de 15 ans de collaboration avec Siné, il a ajouté qu'il avait "plusieurs fois" demandé au dessinateur de "modifier ses chroniques" car "il y avait parfois", selon lui, "des problèmes sur les questions de xénophobie et de racisme".
Pourtant, la chronique à l'origine de ce procès n'avait d'abord pas provoqué de remous, jusqu'à une émission sur RTL le 8 juillet. Un journaliste du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch, s'en était alors pris violemment à Siné, dénonçant "un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas" et annonçant son prochain départ. Quelques jours plus tard, Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo et directeur de la publication, licenciait effectivement le dessinateur, l'affaire provoquant une vive polémique entre entre pro-Val et pro-Siné. Philippe Val se justifiait alors en expliquant que les propos de Siné "peuvent être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale". "Ni acceptable ni défendable devant un tribunal", ajoutait-il.
Siné avait déjà eu l'occasion de se défendre d'être antisémite la semaine dernière, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris ayant examiné la plainte du dessinateur contre Claude Askolovitch pour diffamation. "J'estime que la liberté d'expression n'a pas de limites (...) sauf ceux qui me traitent personnellement d'ordure et d'antisémite", avait alors déclaré le dessinateur. "Je me trouve associé à Le Pen, Faurisson, à des gens que je hais", avait-il encore déploré, faisant état de menaces à son encontre. Le délibéré dans ce volet "parisien" de l'affaire a été fixé au 3 mars. Quant au volet "lyonnais", le jugement a été mis en délibéré au 24 février.
D'après agence
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