Noyade à Nantes : du sursis requis contre 3 policiers

le 28 janvier 2009 à 21h53 , mis à jour le 28 janvier 2009 à 22h00

Après la mort d'un ouvrier tunisien en 2006, trois policiers sont jugés pour "faux témoignage" et "délaissement".

TF1 / LCI Taoufik el-amri, disparu le 22 novembre 2006Taoufik el-amri, disparu le 22 novembre 2006 © LCI

Six mois de prison avec sursis ont été requis mercredi contre les trois policiers jugés pour le "délaissement" de Taoufik el-Amri, un ouvrier tunisien retrouvé noyé en décembre 2006 dans un canal du centre-ville de Nantes avec 3,74 g d'alcool dans le sang. Les trois fonctionnaires sont également poursuivis pour "faux témoignage" après avoir tenu des versions contradictoires sur le lieu et le moment où ils avaient déposé la victime, âgée de 33 ans. "Le mobile du délaissement, c'est la facilité, le fait de pouvoir tranquillement terminer son service plus tôt", a estimé François Touron, substitut du procureur de la République, lors de son réquisitoire. "De même, ils ont produit un faux témoignage pour cacher ce délaissement", a-t-il ajouté. Le tribunal correctionnel de Nantes a mis son jugement en délibéré au 26 février.

L'affaire avait fait grand bruit à l'époque. Taoufik el-Amri, âgé de 33 ans et père d'une fillette, avait disparu dans la nuit du 22 au 23 novembre 2006 après avoir été embarqué en état d'ébriété par les trois policiers sur une grande avenue de Nantes. Ces derniers avaient ensuite relâché l'ouvrier tunisien au lieu de le conduire en cellule de dégrisement, comme le demande la procédure pour toute personne en état d'ébriété avancée, en certifiant que l'ouvrier ne semblait pas suffisamment ivre pour cela.

Le déroulement des faits pas établi
 
Les derniers témoins à avoir vu Taoufik el-Amri vivant l'avaient vu alors qu'il sortait du fourgon de police, à 600 mètres du canal Saint-Félix, plusieurs centaines de mètres plus loin que l'endroit où les policiers avaient affirmé l'avoir relâché. Son corps avait été découvert le 12 décembre 2006 dans le canal et l'autopsie avait déterminé que l'ouvrier était mort d'une noyade par hydrocution et qu'il présentait un taux d'alcoolémie de 3,74 grammes au moment de la chute dans l'eau.

Lors de cette affaire très médiatisée, les policiers avaient tenu à plusieurs reprises des propos contradictoires devant la justice. Ils ont été mis en examen pour "faux témoignage" et "délaissement (...) d'une personne incapable de se protéger en raison de son état physique" avant d'être provisoirement suspendus. Mais l'enquête n'a jamais permis d'établir le déroulement des faits entre le départ des policiers et la noyade de l'ouvrier dans une zone où se trouvent pourtant de nombreux bars et donc de potentiels témoins. 

(D'après agence)

le 28 janvier 2009 à 21:53
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...

      Mots-clés

      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience